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Un article de Fanny Doumayrou paru dans L’Humanité du 22 mars 2006

Les inspecteurs du travail contre la précarisation

mercredi 22 mars 2006 par Fanny Doumayrou
États généraux . 600 agents de l’inspection sont réunis jusqu’à ce soir pour riposter aux attaques du gouvernement contre le droit du travail et contre leurs missions de contrôle.

Plus de 600 inspecteurs ou contrôleurs du travail, soit un sur deux au niveau national : les « états généraux de l’inspection du travail face au libéralisme et à la déréglementation » ont fait salle comble, hier à la Bourse du travail à Paris. Le succès de cette initiative de deux jours, lancée en novembre dernier par les syndicats CFDT, CGT, SNU (FSU), SUD et UNSA, souligne le mécontentement croissant d’une profession ébranlée. Depuis l’assassinat de deux collègues en Dordogne en septembre 2004, les agents réclament un renforcement des effectifs et une relégitimation de leur mission de contrôle de l’application du droit dans les entreprises. Ils contestent aussi le « plan de modernisation et de développement de l’inspection » présenté par le ministre délégué au Travail, Gérard Larcher, le 8 mars dernier. À côté de l’annonce de 700 recrutements entre 2007 et 2010 (qui n’est pour l’instant qu’une promesse), ils y voient une volonté d’encadrer fortement leur travail. La hiérarchie imposerait des axes prioritaires comme la santé au travail et le travail illégal, aux dépens du contrôle de la durée du travail, des salaires, du droit syndical. Et avec la création des « comités régionaux de prévention des risques », c’est le patronat qui aurait son mot à dire sur l’action des inspecteurs...

Soutien des syndicats

La matinée d’hier, consacrée à « la nécessité d’un Code du travail protecteur et à l’utilité sociale de l’inspection », s’est ouverte par des interventions de représentants des confédérations syndicales, qui ont apporté leur soutien aux inspecteurs. « La mise sous le boisseau de l’inspection accompagne l’entreprise de régression sociale, d’attaque contre le droit du travail », a souligné Philippe Masson pour la CGT, tandis que Gérard Aschieri pour la FSU soulignait que « l’inspection du travail, c’est l’affaire de tous les salariés et de tous les syndicats », et suggérait une campagne commune de tous les syndicats pour « un plan d’urgence pour l’inspection ».

Le CPE a occupé une bonne place dans les interventions. « L’adoption du CNE et du CPE est un saut qualitatif, a lancé Patrick Lemoine, directeur adjoint du travail en Haute-Normandie. Nous devons intervenir dans le débat pour dire que si l’employeur peut licencier sans motif il n’y aura plus de dignité pour le salarié, plus de possibilité de refuser des heures supplémentaires, d’aller aux prud’hommes, de s’organiser ».

dégâts de la loi fillon

« Il faut convaincre autour de nous que cela ne concerne pas que les jeunes, c’est une attaque plus large contre le CDI », a renchéri Gérald Le Corre, inspecteur à Évreux (CGT). Alors que l’avocat Me Henry rappelait que la dérégulation a commencé depuis vingt ans, depuis que la flexibilité est devenue le maître mot des gouvernements, des intervenants ont souligné les dégâts énormes provoqués par la loi Fillon du 4 mai 2004 qui a renversé la hiérarchie des normes : un accord d’entreprise pouvant désormais être plus défavorable aux salariés que la convention collective et que le Code du travail.

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