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Reuters | 26 janvier 2006

Les jeunes victimes des contrats précaires entre 2002 et 2004

jeudi 26 janvier 2006
PARIS - Les jeunes, du fait de la vulnérabilité des emplois temporaires qu’ils occupent souvent, ont été les premières victimes du ralentissement de la conjoncture en France entre 2002 et 2004, selon une enquête de l’Insee.

"Les intérimaires et les titulaires d’un contrat à durée déterminée du secteur privé ont été les premiers touchés par la dégradation de la conjoncture économique observée entre 2002 et 2004", écrit l’Institut national de la statistique et des études économiques.

"Deux effets se conjuguent pour expliquer cette forte vulnérabilité", explique l’Insee. "Les entreprises prolongent plus rarement ces contrats lorsque le contexte économique est difficile (et) lorsqu’un salarié se retrouve au chômage à l’issue de son contrat, il trouve moins rapidement un nouvel emploi."

"Les débuts de carrière, traditionnellement marqués par une succession de contrats courts, se trouvent encore plus perturbés", poursuit l’Insee, dont l’étude s’intéresse aux jeunes de moins de 30 ans.

Les jeunes "sont les plus touchés par la hausse du chômage observée entre 2002 et 2004 : le taux de chômage des actifs de moins de 30 ans atteint 18,1% en moyenne sur 2004, soit près de trois points de plus qu’en 2002".

"Plus d’un quart des jeunes (28%) qui étaient actifs en 2003 ont traversé au moins une période sans emploi au cours des quatre trimestres suivants, que ce soit au chômage ou dans l’inactivité, contre 17% pour l’ensemble des actifs".

En outre, "près d’un jeune actif sur dix n’a pas occupé d’emploi au cours de l’année".

LE DIPLOME N’EST PLUS UNE GARANTIE

"Même élevé, le diplôme n’est plus garant d’un emploi à durée indéterminée", souligne l’Insee.

"Parmi les diplômés de niveau bac+2 qui travaillaient en 2003, 14% ont été sans emploi au moins une fois au cours de l’année suivante".

Selon l’Insee, les moins de 30 ans connaissent fréquemment une situation précaire "qui s’inscrit dans la durée" : 10% des jeunes actifs qui avaient un emploi en 2003 ont occupé un emploi temporaire quatre trimestres consécutifs, contre 5% pour l’ensemble des actifs occupés.

"Seul point positif", sortir du chômage est "un peu plus rapide" pour les jeunes que pour leurs aînés : parmi les moins de 30 ans chômeurs en 2003, deux sur cinq étaient toujours sans emploi lors des quatre trimestres suivants, la proportion sur l’ensemble des chômeurs étant d’un sur deux.

L’étude montre aussi que les 30-49 ans, "plus souvent dans des trajectoires d’emploi stable", sont moins directement exposés aux variations conjoncturelles de l’emploi. Entre 2002 et 2004, leur taux de chômage a augmenté de moins d’un point (8,2% en moyenne sur 2004).

Quant aux seniors, les difficultés qu’ils rencontrent sur le marché du travail "se traduisent surtout par des sorties précoces vers l’inactivité". En 2004, "seulement 7,0% des actifs de 50 à 64 ans sont au chômage au sens du BIT mais près d’un quinquagénaire sur quatre est inactif".

Les reprises d’emploi sont "très difficiles" après 50 ans. Plus des trois quarts des seniors au chômage en 2003 n’ont pas retrouvé de travail les quatre trimestres suivants.

Enfin, près d’une femme active sur neuf occupe un emploi temporaire en 2004, contre moins d’un homme sur 12.

Passer d’un emploi temporaire à un emploi stable est aussi "plus rare" pour les femmes que pour les hommes.

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