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Le Figaro | FRÉDÉRIC DEMONICAULT - le 08 février 2007

Les majors du pétrole se retirent de France

jeudi 8 février 2007 par Frédéric de Monicault
Après Shell, ExxonMobil veut tirer un trait sur ses implantations en France.

LA PRÉSENCE en France des géants du pétrole pourrait devenir un souvenir. Trois semaines après Shell, qui a annoncé la mise en vente de ses trois raffineries françaises – un processus enclenché en réalité depuis plus d’un an –, c’est au tour d’ExxonMobil d’agir dans le même sens.

Selon la presse britannique, la compagnie américaine n° 1 mondial de l’or noir, qui vient de publier des résultats records pour 2006 (avec un bénéfice proche de 40milliards de dollars), est résolue à mettre sur le marché sa filiale française, Esso. Celle-ci, qui recouvre une grande plate-forme chimique, deux raffineries ainsi qu’un réseau de 700 stations-service, se refuse à commenter les rumeurs. De même, au ministère de l’Industrie, on répond simplement ne pas être informé de cette éventualité. Un proche du dossier estime que ce scénario est largement envisagée.

À dire vrai, cette volonté de retrait des majors s’explique par des motifs similaires de l’une à l’autre. Outre le souci de pouvoir investir davantage dans l’exploration production, il s’agit de rendre la branche aval (raffinage-marketing) la plus profitable possible. Or, dans ce domaine, le marché européen est aujourd’hui mature.

Pas de cession avant plusieurs mois

Pour la reprise de ses trois raffineries, Shell, selon nos informations, a, aujourd’hui, reçu une dizaine d’offres, en provenance de trois types d’acheteur : des groupes industriels d’une part, des fonds d’investissements d’autre part, enfin des pétroliers « exotiques » – selon le terme d’un expert – à l’affût d’un ticket d’entrée sur le marché français. Quant à la valorisation de l’ensemble, elle serait proche du milliard d’euros, au regard de dossiers similaires. Toutefois, même si les offres sont sur la table, aucune décision ne devrait être prise avant plusieurs mois. A cela une bonne raison : comme ces raffineries sont des « installations classées » (une catégorie établie à partir de critères de sûreté, de sécurité et d’environnement), plusieurs agréments administratifs sont nécessaires.

D’ailleurs, le ministre délégué à l’Industrie, François Loos, a fait parvenir à la direction de Shell, une lettre dans laquelle il rappelle que les services de l’État seront très attachés aux « capacités techniques et financières » des éventuels acquéreurs. Demanière à s’assurer qu’aucune incertitude ne pèse sur la livraison de produits raffinés en France. Très concrètement, si l’État n’a pas de droit de regard sur les négociations menées par Shell, il peut les influencer.

Bercy aurait sûrement vu d’un bon oeil Total racheter les actifs du géant anglo-néerlandais dans l’Hexagone. Mais la compagnie française, n° 5mondiale, a précisé, dès la semaine dernière, qu’elle n’était pas intéressée par cette possibilité. En arguant notamment que cela poserait un problème de concurrence auprès de la commission européenne. Pendant ce temps, BP, qui ne possède plus de raffinerie en France depuis 2005, vient de vendre la dernière raffinerie qu’il possédait au Royaume- Uni. Le processus français est donc loin d’être isolé.

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