Liste des auteurs

LEMONDE.FR | 24.08.05

Les manifestants équatoriens à la table des négociations

mercredi 24 août 2005

Les manifestants équatoriens, dont le mouvement perturbe les exportations de pétrole du pays, ont dit qu’ils espéraient signer mercredi 24 août avec les compagnies pétrolières privées un accord qui mettrait fin à la crise. Les manifestants, qui ont envahi des puits de pétrole et dégradé les installations dans deux provinces d’Amazonie, Sucumbios et Orellana, réclament des compagnies étrangères la construction de 250 kilomètres de routes, d’hôpitaux et l’emploi de main-d’œuvre locale. Ils veulent aussi une renégociation des contrats pétroliers afin de porter à 50 % la part des recettes de la production de brut revenant à l’Etat, contre 16 % actuellement.

Par ailleurs ils demandent au gouvernement de lever l’état d’urgence imposé la semaine dernière. Celui-ci avait été instauré mercredi 17 août après que des affrontements violents eurent opposé les manifestants aux forces de sécurité, faisant au moins 60 blessés. Depuis dimanche, les manifestants ont décrété une trêve pour permettre à leurs dirigeants de négocier à Quito.

Pour Mme Guadalupe Llori, préfète d’Orellana, et son homologue de la province de Sucumbios, Guillermo Munoz, l’une des conditions de l’arrêt du mouvement de protestation dans leur région, principale zone de production pétrolière du pays, est l’annulation d’une concession accordée à la firme américaine Oxy. Ils accusent la compagnie d’avoir cédé au groupe canadien Encana une partie de ses droits d’exploitation pétrolière sans autorisation de la part de l’Equateur. Selon M. Munoz, en déclarant ce contrat caduc, "le pays récupérerait 1,8 milliard de dollars et en renégociant les autres, on atteindrait 3 milliards".

"LES DISCUSSIONS AVANCENT"

Une première série de discussions, lundi, n’avait permis aucun progrès, les délégués des provinces amazoniennes d’Orellana et de Sucumbios accusant le pouvoir central de soutenir les compagnies étrangères qui exploitent les ressources de pétrole en Amazonie équatorienne. "Le gouvernement a pris parti pour les compagnies pétrolières et ne cherche pas à les sensibiliser pour qu’elles abandonnent une partie des juteux profits qu’elles font en Amazonie", avait alors déclaré Mme Llori.

Depuis, la situation semble s’être améliorée. "Les discussions avancent, mais nous devons encore définir le type d’investissements à faire par les compagnies, et ce qu’il convient de faire avec l’état d’urgence", a déclaré Edmundo Espindola, l’un des chefs de file des protestataires, maire de la ville pétrolière de Shushufindi, dans la province de Sucumbios. "Nous espérons parvenir à un accord d’ici la mi-journée mercredi", a-t-il ajouté.

Les exportations restent paralysées, mais la production de la compagnie publique Petroecuador est remontée à 105 198 barils par jour, un peu plus de la moitié de la production moyenne normale. L’occupation pendant six jours, la semaine passée, de quelque 200 puits de production par les manifestants avait contraint Petroecuador, dont la production normale est de 201 000 barils par jour, à stopper le pompage, puis ses exportations. Les compagnies privées ont indiqué que leur production avait été réduite de moitié par rapport aux 340 000 barils par jour habituels.

Le ministre équatorien de l’énergie, Ivan Rodriguez, a néanmoins dit lundi que certains puits avaient été endommagés de manière durable et ne pouvaient reprendre une activité normale. Avec AFP et Reuters

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !