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Elsa Bembaron - Le figaro le 28.12.2007

Les matières premières devraient rester élevées

vendredi 28 décembre 2007 par Elsa Bembaron
Les analystes penchent notamment pour une hausse des prix des métaux.

Faut-il croire à la théorie du supercycle selon laquelle les prix des métaux vont continuer à grimper pendant dix ou vingt ans ? « Tout dépend de ce que l’on entend par cycle long, nuance prudemment Stephan Briggs, analyste des métaux à la Société générale. Il est clair que les prix moyens vont rester supérieurs à ceux des deux dernières décennies, mais avec des hauts et des bas. » Une opinion partagée par de nombreux experts qui misent avec une rare unanimité sur une hausse durable des prix des métaux ferreux et non ferreux (aluminium, cuivre, plomb, zinc…).

Plusieurs paramètres viennent étayer cette thèse. Tout d’abord, la demande chinoise en matières premières demeure très élevée. Et son potentiel de croissance est impressionnant. La consommation chinoise de métaux par habitant est trois à quatre fois inférieure à celle des pays développés. « Si cette consommation devait simplement doubler, cela créerait déjà une formidable demande additionnelle », note Philippe Joly, responsable des relations avec les investisseurs du groupe minier Eramet. Comme d’autres spécialistes du secteur, il mise aussi sur un relais des autres pays « Bric » (Brésil, Russie, Inde et Chine) et particulièrement sur l’Inde, qui a un retard encore plus important à combler en termes d’équipements et d’infrastructures.

Le risque américain

Les coûts de production des métaux ont eux aussi augmenté, ce qui contribue à maintenir des cours élevés. La qualité des gisements connus et exploités de longue date se dégrade. Il faut donc ouvrir de nouvelles mines, souvent plus difficiles d’accès, ou avec des teneurs moindres en minéraux. Les prix des matériaux, engins miniers et autres infrastructures nécessaires à l’exploitation d’une mine ont eux aussi grimpé, en partie en raison de la hausse du prix des matières premières.

Les techniques d’exploration se sont perfectionnées et sont aussi plus coûteuses. Tout cela est aggravé par le fait qu’au cours des deux décennies précédentes, sur fond de baisse des cours, les groupes miniers avaient dramatiquement réduit leurs investissements et fermé les mines les moins rentables. Le retard à combler pour rattraper la nouvelle demande reste donc considérable. Le Bureau des ressources minières (BRGM) estime même qu’il pourrait y avoir un déficit de production à l’horizon 2011. En outre, la concentration des groupes miniers désormais en situation d’oligopole leur permet de mieux maîtriser leur offre, d’étaler dans le temps les ouvertures de mines. Un rapprochement entre Rio Tinto et BHP Billiton doublé d’un mariage entre Xstrata et Vale ne feraient qu’accentuer ce phénomène.

« Mais il devrait y avoir de nouvelles phases de baisses importantes, ajoute Stephan Briggs . Il suffit de regarder le passé récent. Les cours du cuivre restent élevés, à 6 600 dollars la tonne, mais ils n’ont pas retrouvé leurs plus hauts de mai 2006 à 8 500 dollars. » L’analyste souligne aussi que le risque d’une récession américaine ne doit pas non plus être complétement écarté et qu’elle aurait un impact sur la demande mondiale de métaux. Les cours mondiaux des commodités dévisseraient en cas de crise américaine. « La consommation américaine représente encore 20 % de la richesse mondiale », rappelle Stephan Briggs.

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