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DANIÈLE GUINOT. | Le Figaro le 22 octobre 2007

Les mauvaises surprises des crédits à taux variable

lundi 22 octobre 2007 par DANIÈLE GUINOT
La hausse des taux courts entraîne l’allongement sur plusieurs années de certains emprunts signés en 2005-2006.

« SI AUCUNE solution n’est rapidement trouvée, nous serons contraints de revendre notre maison », regrette Mme R. En juillet 2006, elle et son mari (27 et 30 ans) ont emprunté 226 700 euros à taux révisable sur 30 ans. Le contrat prévoyait qu’en cas de hausse des taux, la durée du crédit augmenterait, la majoration des mensualités étant elle plafonnée à 4,9 %. En un an, le taux du prêt est passé de 3,4 % à 5,7 % ! Comme prévu, la durée du financement a été allongée de six ans. Mais les mensualités ont grimpé de 11 %. « Comme cela ne suffit toujours pas à payer les intérêts, le capital restant dû augmente chaque mois », explique Madame R.

L’histoire de ce jeune couple est « extrême », les établissements français, contrairement aux américains, ne proposant pas de prêts immobiliers risqués. Mais des témoignages proches de celui-ci, l’Association française des usagers des banques (Afub) en a reçu 250 en dix jours. « Les particuliers qui nous contactent ont souscrit un crédit immobilier à taux variable en 2005 et 2006. Près de 50 % des plaintes concernent le Crédit foncier », explique Serge Maitre, secrétaire général de l’Afub.

Arrangement avec sa banque

Bien souvent, ces emprunteurs ont souscrit un prêt « capé », dont le contrat prévoyait que les mensualités n’augmenteraient pas en cas de hausse des taux, seule la durée de remboursement pouvant être allongée. « Les caractéristiques de chaque prêt sont prévues au moment de la souscription », insiste-t-on au Crédit foncier.

Mais les taux à court terme sur lesquels sont indexés les crédits variables ont augmenté rapidement au cours des 18 derniers mois (l’Euribor à 3 mois est à 4,64 %). Ce qui se traduit pour certains emprunteurs par de mauvaises surprises. « À la signature du prêt notre banquier nous a assuré oralement que la durée de notre emprunt de 25 ans serait majorée de deux ans au maximum (27 ans). Mais, 18 mois plus tard, ce prêt courait sur 34 ans », explique M. L., qui est parvenu à trouver un arrangement avec sa banque.

Dans d’autres cas, l’allongement de la durée d’endettement ne suffit pas à compenser l’envolée des taux, d’autant que les banques n’aiment pas prendre le risque de financer des prêts supérieurs à 30, voire 35 ans. Certains établissements ont alors proposé à leurs clients de modifier leur contrat : hausse des mensualités et limite de la durée d’emprunt. « Nous déplorons que les banquiers n’aient pas éclairé davantage leurs clients pour guider leur choix entre taux fixe et taux variable, notamment en indiquant tous les risques liés à ce type de financement. Les conseillers ont vanté le »capage* du taux, alors que cette sécurité est bien souvent illusoire en pratique », estime Serge Maitre.

L’Afub tient à mettre en garde les futurs emprunteurs qui envisageraient de souscrire un crédit à taux variable. « Nous souhaitons aussi essayer de convaincre les banques de prendre en compte la situation de certains de leurs clients en leur proposant par exemple de convertir ces prêts en taux fixes », conclut l’Afub.

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