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Un article de Sixtine Léon-Dufour et Frédéric de Monicault paru dans Le Figaro du 19 janvier 2006

Les menaces sur le brut léger affolent le marché

jeudi 19 janvier 2006 par Frédéric de Monicault, Sixtine Léon-Dufour
Pétrole Malgré les tensions dans le delta du Niger, les compagnies comptent s’implanter en Afrique.

« BONNY LIGHT ». La référence absolue. Un brut léger, peu soufré, très prisé car facile à transformer en essence : voilà ce qui fait du pétrole nigérian une denrée convoitée. Avec 2,4 millions de barils par jour, des réserves estimées à 35 milliards de barils, le Nigeria est le premier producteur africain, le sixième exportateur mondial. Le pays est devenu un enjeu stratégique, soumis à vive concurrence. La présence américaine y est de plus en plus ostensible. Exxon Mobil et Chevron, les deux grands pétroliers, sont là, bien sûr, mais aussi le Pentagone qui mène de discrètes missions sur les différentes manières de sécuriser les gisements de pétrole du golfe de Guinée. Et cherche à installer une base militaire dans la zone.

Désormais, aux côtés des Anglo-Néerlandais, des Français et des Américains, il faut compter avec les Chinois : Cnooc vient de débourser 2 milliards d’euros, pour une prise de participation à 45% dans un gisement. A l’heure où le monde cherche à réduire sa dépendance à l’égard du Moyen-Orient, les regards se braquent sur le delta du Niger, si prometteur. Plus encore depuis qu’Abuja a annoncé vouloir doubler sa production, à plus de 4 milliards de barils par jour, d’ici à cinq ans.

Mais voilà, les méandres du Niger sont une poudrière. Sabotages de pipeline, meurtres, prises d’otages et autres attaques menées par les rebelles sur les installations pétrolières, récurrentes dans la zone, mais particulièrement ravivées depuis quelques jours, font craindre le pire. Hier, le baril de brut approchait les 66 dollars.

« Pendant un temps, on a pu croire que les tensions dans ce pays s’étaient atténuées. Mais elles sont reparties de plus belle. Qu’il s’agisse des querelles entre ethnies, entre chrétiens et musulmans ou encore entre population et compagnies pétrolières », souligne Pierre Terzian, directeur de l’hebdomadaire spécialisé Pétrostratégies.

Pourtant, les compagnies pétrolières entendent non seulement rester au Nigeria, mais s’y développer plus encore. Car ce sont les produits traités à partir du brut léger qui tirent aujourd’hui la consommation mondiale. A commencer par les carburants pour les véhicules et les avions. Le pétrole léger coûte moins cher à raffiner, car faisant intervenir une chaîne de transformation plus courte que pour le brut lourd. Pour autant, cela ne signifie pas qu’il existe suffisamment de raffineries adaptées. Au contraire, l’outil de raffinage apparaît aujourd’hui largement saturé, notamment aux Etats-Unis. En marge du Nigeria, un autre pays à risques, l’Iran, présente un gros potentiel en matière de brut léger. Mais très loin, pour le moment, d’être exploité au maximum de ses capacités.

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