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L’Humanité | Alain Raynal le 8 février 2007

Les ouvrières d’Arena face aux financiers

jeudi 8 février 2007 par Alain Raynal
Délocalisations . La fermeture est annoncée pour la fin mars. Les salariés ont retenu 200 000 maillots de bain pour obliger la direction à négocier.

C’est une lutte difficile et semée d’embûches mais courageuse face à des fonds d’investissements italiens [1] dans laquelle sont - engagées les ouvrières d’Arena, la seule usine de production en France de maillots de bain. Les financiers propriétaires de cette entreprise, dont le chiffre d’affaires ne cesse d’augmenter, - délocalisent la fabrication en Chine. Ils ont annoncé la fermeture du site de Libourne pour la fin du mois de mars suivie du licenciement des 169 salariés dont 95 % sont des ouvrières. À l’appel des syndicats et du comité de soutien une manifestation a rassemblé le 14 janvier plusieurs centaines de personnes dans les rues de la ville. Quatre jours plus tard, les salariés bloquaient la sortie des pièces fabriquées ou conditionnées sur le site de Libourne. Dès qu’un camion arrivait, les employés du service logistique, rejoints par leurs collègues de la production, empêchaient tout chargement. Jour et nuit, à tour de rôle, des salariés se !relayaient pour veiller sur le site. Les 200 000 maillots de bain bloqués constituant un moyen de pression pour obliger la direction à négocier sur les revendications. Notamment sur l’obtention d’une prime - supraconventionnelle importante.

Sur plainte de la direction contre le comité d’entreprise et trois déléguées syndicales pour cette action, le juge des référés du tribunal de Libourne a, lundi dernier, déclaré irrecevables les exigences patronales. Le lendemain, à l’issue d’une réunion avec la sous-préfète, le directeur du travail, la direction d’Arena et les - délégués, les salariés ont - décidé, après un vote à bulletin secret, de suspendre provisoirement leur action au service logistique. Un choix d’autant plus difficile que la direction, s’engageant sur une reprise des négociations, menaçait dans le même temps d’un dépôt de - bilan si les maillots de bain n’étaient pas livrés.

Mardi en fin d’après-midi, une cinquantaine de salariés se sont réunis avec le comité de soutien. « Si on leur lâche les pièces, nous n’aurons plus de moyens de pression », craint Corinne. Pierre, vingt-sept ans, responsable de l’entrepôt - logistique, se dit partagé entre « lâcher 100 000 maillots de bain et la relance des négociations » ou la poursuite du blocage avec le risque « de perdre ce que nous avons commencé à obtenir ». Au-delà de la prime conventionnelle au - minimum, la direction verserait en complément 7 500 euros et 300 euros par année d’ancienneté. Les syndicats demandent 15 000 euros et 700 euros par an. « On peut comprendre que les plus anciennes à l’usine, usées par le travail, aient envie de quitter cette boîte, mais nous, les jeunes, qu’allons nous devenir ? » lance une jeune ouvrière qui propose de continuer la grève des livraisons. Élue CGT au CE, Marie-Claire Bassagaits souligne que les 7 500 euros ont été obtenus grâce aux actions du personnel, en rappelant que « la négociation c’est la lutte permanente et que ce n’est pas terminé ». Hier en millieu de journée, une nouvelle séance de négociations se poursuivait.

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