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Un article de Adrien Borga paru dans LE MONDE du 30 avril 2006

Les ouvriers du bâtiment restent particulièrement exposés à l’amiante

dimanche 30 avril 2006 par Adrien Borga

L’institut national de recherche et de sécurité (INRS) a présenté, jeudi 27 avril, sa campagne de prévention des risques liés à l’amiante à destination des ouvriers du second oeuvre - plombiers, couvreurs, électriciens, etc., intervenant au niveau de l’entretien et de la maintenance dans le bâtiment et les travaux publics (BTP). Ces ouvriers - ils sont 900 000, selon l’INRS - sont confrontés quotidiennement à des matériaux contenant de l’amiante : joints, revêtements calorifuges, flocage de faux plafonds ou autres, souvent manipulés sans précautions particulières.

Interdite depuis 1997, l’amiante reste omniprésente dans le BTP : 4 ou 5 millions de tonnes de cette fibre auraient été utilisés en France entre le XIXe siècle et 1997. Le désamiantage n’est obligatoire que lorsque le risque de dispersion est imminent, comme pour le flocage de faux plafonds abîmés. Des expositions répétées, même de courte durée et de courte intensité, peuvent déclencher, à terme, certaines pathologies allant d’épaississements localisés de la plèvre, pour les plus bénignes, jusqu’au cancer de la plèvre, pour les plus graves.

Sur 327 nouveaux cas de cancer de la plèvre relevés en 2004, 69 ont touché des professionnels du second oeuvre. "Nous concentrons nos efforts de prévention sur les très petites entreprises, qui sont difficiles à toucher dans ce genre de campagne, indique Jean-Luc Marié, directeur général de l’INRS. Ces entreprises combinent plusieurs handicaps : faiblesse économique, faiblesse de structure et faible culture de la prévention."

La prévention et la limitation des risques sont aujourd’hui privilégiées : masques adaptés, combinaisons, aspirations et limitations des émissions de poussière, notamment. La nouvelle campagne de prévention vise différentes catégories de personnes. "La prise de conscience ne doit pas seulement toucher les travailleurs, mais aussi leur entourage familial ou leurs patrons. Nous allons aussi faire des efforts en direction des centres de formation des apprentis et des lycées professionnels", ajoute M. Marié.

Du côté des professionnels, on ne sait pas toujours comment aborder la question : "J’ai fait appel une fois à une entreprise spécialisée pour me débarrasser de ce type de déchets, et c’est très lourd en paperasse. Maintenant, je refuse les chantiers où je dois manipuler des matériaux amiantés", commente Michel David, couvreur à Paris.

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