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CARINE FOUTEAU | Les Echos le 28.01.2007

Les ouvriers restent désavantagés face à la maladie et à la mort

mardi 29 janvier 2008 par CARINE FOUTEAU
Les cadres supérieurs ont une espérance de vie de six années de plus que les ouvriers. Ils vivent aussi plus souvent en bonne santé, selon une étude que l’Ined publie aujourd’hui.

En dix ans, les Français ont gagné trois années d’espérance de vie (77,5 ans) et les Françaises deux (84,4 ans). Dans une étude au titre évocateur, « La `double peine des ouvriers », publiée aujourd’hui, l’Institut national d’études démographiques (Ined) explique que non seulement les catégories socioprofessionnelles du bas de l’échelle vivent en moyenne moins longtemps que les cadres, mais que, de surcroît, elles passent plus de temps qu’eux en mauvais état de santé [1].

D’une manière générale, les situations d’incapacité augmentent avec l’âge : à partir de 60 ans, les hommes passent en moyenne trois années de leur vie en ayant de la peine à réaliser des activités élémentaires comme faire sa toilette, s’habiller ou se nourrir ; pour les femmes, qui vivent plus longtemps, cette période s’étend sur cinq ans. Les écarts sont importants selon le type d’activité professionnelle : à 35 ans, les cadres supérieurs ont une espérance de vie de 47 ans, soit quatre années de plus que la moyenne et six années de plus que les ouvriers. A partir de cette deuxième tranche de vie, ils peuvent espérer vivre en moyenne 34 ans en bonne forme physique, soit dix années de plus que les ouvriers. Les différences les plus notables concernent les « petites » incapacités (difficulté à voir de près ou de loin, à entendre, à se pencher, etc.), note l’Ined.

Spécificité des agriculteurs

Les autres catégories socioprofessionnelles connaissent, elles, des situations intermédiaires. Avec une spécificité pour les agriculteurs : plutôt favorisés en termes d’espérance de vie, ils risquent plus souvent d’avoir des problèmes médicaux, liés notamment à leur activité manuelle et des conditions de travail difficiles.

Les personnes sans activité (ni retraité ni chômeur) sont les plus fragiles : elles ont, de loin, l’espérance de vie la plus courte. Ce qui s’explique pour les hommes par le fait que ceux-ci sont souvent exclus du marché du travail en raison d’un handicap ; les femmes ont beau être plus nombreuses à choisir de rester au foyer (pour élever leurs enfants par exemple), leur espérance de vie est tout de même de deux ans inférieure à celle des ouvrières.

[1] « Population et Sociétés », n° 441, janvier 2007.

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