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Les prix de l’énergie seront élevés, et pour longtemps

vendredi 4 novembre 2005 par Frédéric de Monicault
ÉLECTRICITÉ L’Observatoire européen des marchés de l’énergie de Capgemini souligne la croissance continue des prix. Le dynamisme de la demande n’explique pas tout.

LA HAUSSE des prix de l’énergie est partie pour durer. Cette conclusion de l’Observatoire européen des marchés de l’énergie - lancé en 2001 par Capgemini -, qui vient de publier sa dernière étude, ne surprendra guère le consommateur. Mais à l’heure de la polémique, en France, sur l’augmentation des prix du gaz, elle revêt forcément une acuité particulière. Sans oublier l’ouverture du capital d’EDF, qui conduit également à se pencher sur la fixation des tarifs.

Gaz et électricité : en termes de prix, ces deux sources d’énergie renvoient à des problématiques différentes. Dans le cas du gaz, dont les prix sont indexés sur ceux du pétrole, la tendance est lourde : de 30 dollars en septembre 2003, le baril a atteint les 70 dollars à la mi-2005, rappelle Capgemini.

S’agissant de l’électricité, la hausse des prix des énergies primaires constitue également un facteur d’explication. Mais il est largement relayé par un phénomène de sous-capacité de production ainsi que par un potentiel, insuffisant, d’interconnexions électriques en Europe. De telle sorte que selon les périodes, en fonction des aléas climatiques notamment, les prix de l’électricité peuvent s’envoler.

Dans son étude, Capgemini relève que la volatilité des prix de gros n’a pas influencé les prix de détail. Mais ce n’est que partie remise. « Jusqu’à présent, les commercialisateurs s’en sont parfois abstenus par souci de compétitivité ou par peur de la concurrence », explique l’Observatoire. Et d’ajouter que pour les marchés en cours de déréglementation, l’un des principaux enjeux sera la vitesse à laquelle les tarifs actuels, établis par les pouvoirs publics nationaux et non par le marché, vont se libéraliser. Dans le cas d’EDF, la situation est un peu particulière puisque, même si l’entreprise s’apprête à être mise sur le marché, le contrat de service public prévoit qu’au cours des trois prochains exercices, l’augmentation des tarifs ne dépassera pas le seuil de l’inflation.

Comment les investisseurs peuvent-ils s’accommoder de cette tutelle tarifaire ? Le cas de Gaz de France est éloquent : elle a certes obtenu la hausse de 12% demandée, mais elle a dû l’assortir de gestes commerciaux. Autrement dit, l’économique ne s’est pas encore abstrait du politique.

En termes de stratégie d’entreprise, ce maintien des prix élevés de l’énergie exerce un fort impact. Conjugué à la volonté des électriciens et gaziers de compenser leur perte de clients sur leurs marchés historiques, il va pérenniser « la récente accélération des activités de fusion et acquisition », note encore Capgemini.

Parallèlement, la réduction des investissements dans les infrastructures de production et de transport est mise en évidence. D’où cet équilibre fragile entre offre et demande qui pèse nécessairement sur les prix.

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