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Un article paru Figaro.fr le 27 juin 2005 d’après une dépèche AFP

Les prix du pétrole se hissent toujours plus haut après l’élection en Iran

lundi 27 juin 2005

Les prix du pétrole ont entamé la semaine sur de nouveaux records lundi car l’inquiétude monte sur une possible pénurie d’or noir en fin d’année, et sur les éventuelles retombées de l’élection d’un président ultra-conservateur en Iran.

A New York, le baril de « light sweet crude » pour livraison en août a atteint 60,64 dollars lors des échanges électroniques vers 08H15 GMT, son plus haut niveau depuis le début de sa cotation en 1983.

Quant au baril de Brent de la mer du Nord à Londres, il a dépassé 59 dollars pour la première fois et établi un nouveau record à 59,21 USD dans la matinée.

Vers 10H00 GMT, les prix progressaient de 58 cents à 60,42 USD à New York et 64 cents à 59 USD à Londres.

« Nous avons eu des nouvelles haussières au cours du week-end avec les élections en Iran », observe Christopher Bellew, opérateur à la maison de courtage Bache Financial. « Les gens craignent des perturbations de la production », selon lui, le nouveau président ayant « tenu des propos menaçants envers les compagnies pétrolières étrangères opérant en Iran ».

L’élection vendredi de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence iranienne a provoqué une onde de choc samedi, la communauté internationale s’inquiétant de ses intentions nucléaires et de ses penchants ultra-conservateurs.

Cette victoire éloigne durablement la perspective d’une détente entre l’Iran et les Etats-Unis, qui ont placé Téhéran sur leur « axe du Mal ».

Dans le domaine pétrolier, Mahmoud Ahmadinejad a indiqué dimanche qu’il donnerait « la priorité aux entreprises, spécialistes, investisseurs et ouvriers iraniens ».

« Il se peut que (le nouveau régime) veuille exporter moins de pétrole vers les Etats-Unis et il parle de continuer son programme nucléaire, donc cela accroît les tensions dans cette partie du globe », relève Christopher Bellew.

« Les Américains ne vont certainement pas être contents de ce nouveau régime », poursuit-il. Aucun impact « immédiat » sur la production pétrolière n’est à craindre, assure-t-il, « mais on ne sait jamais ce que les Américains pourraient faire ».

Les analystes écartent toutefois un changement brutal de la politique énergétique de l’Iran, deuxième producteur de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) après l’Arabie Saoudite.

Téhéran produit actuellement près de 4 millions de barils par jour (mbj) de brut, en partie grâce aux investissements de groupes étrangers tels que Royal Dutch/Shell.

« Il y a un consensus entre les différents partis politiques sur la nécessité des investissements étrangers dans le secteur, et une volonté de faire des compromis pour attirer ces investissements », estime Catherine Hunter, analyste au groupe de recherche Global Insight.

« Peut-être plus importante que la politique énergétique est la position du nouveau président sur la question du nucléaire, vu sa signification pour les relations internationales, notamment avec les Etats-Unis », ajoute-t-elle.

Par ailleurs, le marché pétrolier continuait de craindre une pénurie de brut en fin d’année, lorsque la demande atteindra son pic annuel en raison de l’hiver dans l’hémisphère nord.

« Les gens sont de plus en plus inquiets pour le second semestre », note Bruce Evers, analyste à la banque Investec : « Je pense qu’on pourrait voir 65 dollars, 70 dollars le baril assez rapidement ».

« L’Opep va peiner à satisfaire la demande au quatrième trimestre », celle-ci « n’étant toujours pas affectée par la flambée des prix », explique-t-il.

Aux Etats-Unis, la demande de diesel, fioul de chauffage et kérozène est supérieure de près de 7% à son niveau d’il y a un an.

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