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AFP : vendredi 25 mars 2005

Les salaires au coeur d’un mouvement de grève en France chez Carrefour

samedi 26 mars 2005

PARIS (AFP) - Les salaires et la défense du pouvoir d’achat ont été au coeur d’une grève qui a touché vendredi 49 des 179 hypermarchés Carrefour, selon la direction, et plus d’une centaine selon les syndicats, dans un secteur pourtant rarement mobilisé.

Dans plusieurs magasins, les clients ont eu la surprise de voir des cadres, le visage tendu et fermé, prendre à la demande de leur direction la place des caissières grévistes.

Selon la direction, le mouvement "peu suivi", a concerné "un peu moins de 2% de l’effectif de Carrefour hypermarchés France, soit 1.300 personnes sur 70.000 et 49 magasins sur 179".

Des chiffres éloignés de ceux des syndicats, pour lesquels "entre 100 et 120 hypers ont été touchés" par la grève avec des pointes "de 50 à 80%" de grévistes.

"Environ 120 magasins sont dans le mouvement, particulièrement dans l’ouest, et dans les régions de Marseille, Toulouse et Bordeaux", a affirmé à l’AFP, Serge Corfa, délégué syndical central CFDT. La fédération CGT-commerce a elle comptabilisé "des milliers de salariés mobilisés", et plus de 100 magasins où "ont eu lieu des signatures de pétitions et des distributions de tracts".

Il y a eu "des gros blocages à Marseille, Toulouse, Bordeaux et (dans) certains magasins parisiens où 50% à 80% des salariés se sont mobilisés", a précisé à l’AFP Charles Dassonville (CGT).

"C’est une première chez Carrefour, du jamais vu !", s’est félicité Ernest-Joseph Acaries, coordinateur départemental des sections CFDT, selon lequel tous les magasins Carrefour des Bouches-du-Rhône ont été touchés à des degrés divers.

Dans l’Ouest, entre 90% (selon les syndicats) et 50% (selon la direction) des personnels des trois hypermarchés de la région caennaise se sont mobilisés, causant "une belle pagaille" dans certains d’entre eux, a indiqué à l’AFP un salarié.

"C’est la première fois en 29 ans que les employés du magasin font grève", commentait, étonné, un syndicaliste du Carrefour d’Hérouville-Saint-Clair, près de Caen.

Dans le plus grand d’entre eux, celui de Portet-sur-Garonne, en banlieue toulousaine, une centaine de grévistes ont défilé dans la galerie commerciale.

"Les actionnaires se sont gavés avec 27% d’augmentation des dividendes l’année dernière et les salariés voient leur pouvoir d’achat baisser, ce n’est plus tenable", a déclaré Michel Reixach, délégué CFDT.

Au Carrefour de Reims, il n’y avait que "deux caissières ce matin à l’ouverture et c’était des cadres" réquisitionnés, a expliqué à l’AFP Francine Viseux (CFDT), déplorant le salaire moyen "de 1.200 euros" mensuels que touchent les caissières.

A Villejuif (Val-de-Marne), les clients ont "à leur grande surprise" été sollicités par les caissières pour signer une pétition "contre la baisse du pouvoir d’achat".

"Les négociations (salariales) annuelles obligatoires se sont soldées par un échec, le 24 février dernier, seuls FO et un syndicat autonome ayant signé l’accord de la direction ne proposant qu’une revalorisation de 1,79%", a indiqué le responsable CGT-commerce Charles Dassonville.

Le syndicat demande "un salaire de base de 1.400 euros et 150 euros immédiatement".

Jérôme Bédier, président du principal syndicat patronal du secteur, avait par avance répondu aux salariés de Carrefour en déclarant jeudi : "On ne peut pas nous demander à la fois de baisser les prix et d’augmenter les salaires".

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