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FRANÇOIS WENZ-DUMAS | Libération le 24.01.2008

Les salaires ne sont pas la seule revendication des fonctionnaires

jeudi 24 janvier 2008 par François WENZ-DUMAS
Fonction publique. Profs, agents hospitaliers et territoriaux sont en grève aujourd’hui.

Grève et manifestations aujourd’hui : deux mois après la journée d’action du 20 novembre, les fonctionnaires sont à nouveau dans la rue. Le mouvement a été lancé par sept syndicats (CGT, CFDT, FO, FSU, Unsa, Solidaires et CFTC), le huitième, la CFE-CGC, n’ayant pas souhaité s’y joindre. Un divorce entre le pouvoir actuel et ses salariés qui va au-delà de la traditionnelle revendication salariale.

Qui est concerné ?

L’ensemble des agents des trois fonctions publiques (Etat, hôpitaux et collectivités territoriales) - soit près de 5 millions de salariés - sont appelés à participer aux grèves et aux manifestations (1) dans toute la France. Le mouvement pourrait être assez bien suivi dans l’Education nationale et aux impôts, deux administrations où le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite s’ajoute au mécontentement salarial. Les entreprises publiques de transport ne sont, en principe, pas touchées, bien que des perturbations puissent être enregistrées à la SNCF, où Force ouvrière et Sud rail, appellent les cheminots à se joindre aux fonctionnaires sur leurs propres mots d’ordre.

Le service minimum va-t-il s’appliquer ?

Il doit être expérimenté dans moins de 2 000 villes où, dans les écoles, les maires vont demander à des agents municipaux d’accueillir les enfants dont l’enseignant fait grève (lire ci-contre). Aucune municipalité de gauche n’a accepté d’organiser ce système de garderie, pour lequel les mairies devraient toucher des compensations.

Le pouvoir d’achat des fonctionnaires est-il en baisse ?

Le ministre du Budget et de la Fonction publique, Eric Woerth, est le premier à reconnaître, sur la base d’une étude réalisée par ses services : 17 % des fonctionnaires ont vu leur pouvoir d’achat baisser ces cinq dernières années. En 2007, les augmentations générales n’ont été que de 0,8 %. Il propose donc de mettre en place un mécanisme compensant le manque à gagner pour ceux qui n’auraient bénéficié d’aucune promotion ou d’avancement à l’ancienneté. Les syndicats refusent d’entrer dans cette logique et exigent une augmentation de la valeur du point d’indice au moins égale à l’inflation.

Pourquoi les négociations sont-elles en panne ?

La journée du 20 novembre coïncidait avec la fin du conflit sur les régimes spéciaux de retraite des cheminots, électriciens-gaziers et agents de la RATP. Le gouvernement avait attendu la fin du conflit, tandis que les syndicats annonçaient la journée d’action d’aujourd’hui. Un prétexte aussitôt saisi par les pouvoirs publics pour ne pas rouvrir les pourparlers. Cette grève fait partie d’une « sorte de rituel » , feint de s’étonner le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, qui assure « ne plus très bien savoir quels [en] sont les motifs ». Eric Woerth, qui va devoir mener les négociations dans le cadre d’un budget de plus en plus menacé par le ralentissement de la croissance, est plus prudent. « Nous devons prendre en compte le malaise et le mal-être des fonctionnaires, et pas uniquement en matière de salaire » , expliquait-il mardi.

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