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Déclaration de la CGT du 18 Août 2006

Les salariés ne retrouvent pas leur compte dans la prétendue reprise de la croissance

vendredi 18 août 2006 par Confédération Générale du Travail (CGT)

Invoquant la hausse du PIB au second trimestre, supérieure aux prévisions, le ministre de l’Economie et des Finances annonce avec beaucoup d’aplomb un « retour à une croissance solide » qui, selon lui, est une tendance lourde. Une « tendance lourde » sur un trimestre ! Il minimise ainsi les risques et incertitudes économiques et politiques qui pèsent sur la croissance. Il met aussi en sourdine le fait que la croissance française, comme celle de la zone euro, demeure moitié moindre que la croissance mondiale. Les Français ont maintenant l’habitude d’entendre de tels discours. Il y a un an, le Premier ministre ne parlait-il pas d’une « croissance sociale » ? On connaît le résultat : il n’y a eu ni croissance, ni social. En revanche, il y a eu multiplication des mesures anti-sociales, provoquant luttes et mouvements sociaux de grande ampleur.

Le discours rassurant du ministre de l’Economie a des visées électoralistes pour préparer les échéances de 2007. Il repose sur le constat d’une reprise de consommation et peut-être d’investissement plus forte que prévu, ce qui, selon le ministre, a donné de la confiance aux entreprises. Au-delà, dit-il, « c’est la maîtrise des déficits publics et le désendettement qui créent la confiance, condition préalable à la croissance ». Dans la même direction, le ministre délégué au Budget constate que l’amélioration des rentrées fiscales « est le fruit du travail des Français et il n’est pas question de le dilapider ».

Le « travail des Français » est ainsi évoqué pour accréditer des idées fausses et perverses. La confiance, telle que la définit et la recherche le ministre de l’Economie, est celle des marchés financiers. Pour les salariés, la confiance ne viendra que d’une amélioration réelle de l’emploi, des salaires et du pouvoir d’achat.

C’est là, avec l’investissement productif, le vrai gage d’une croissance solide. Or, qu’il s’agisse de l’emploi ou des salaires, et donc du pouvoir d’achat, ou encore de l’investissement productif, les performances sont médiocres. En revanche, les affaires vont bien pour les détenteurs de capitaux. L’exemple d’EDF est parlant : les ménages doivent subir une hausse des tarifs ; en contrepartie, à la Bourse de Paris la valeur des actions d’EDF augmente de plus de 43 % depuis le début de l’année, soit la meilleure performance de l’indice CAC 40.

Pour sa part, le ministre délégué au Commerce extérieur évoque une « vive progression des exportations ». Mais les importations demeurent largement supérieures. Il en résulte une hausse du déficit du commerce extérieur, ce qui traduit en fait la faiblesse du tissu productif pour répondre à la demande adressée aux entreprises. C’est le résultat de plusieurs années d’insuffisance, voire de baisse des investissements productifs, des fermetures de sites, des délocalisations. SEB en fournit l’exemple le plus récent : des sites sont fermés en France et la direction projette d’acquérir une entreprise chinoise.

La solidité de la croissance ne viendra pas de la confiance des marchés financiers. Elle nécessite une politique économique cohérente dans toutes ses dimensions pour forger un nouveau mode de développement fondé sur la promotion des emplois qualifiés, stables et bien rémunérés. En particulier, des moyens doivent être mobilisés au service d’une nouvelle politique industrielle et de recherche-développement pour renforcer le tissu productif. Le gouvernement fait le choix inverse. Il veut donner la priorité aux dogmes libéraux : multiplication des cadeaux fiscaux et sociaux, réduction des dépenses publiques, privatisations, etc.

Les salariés ne sont pas dupes. Les faits indéniables de la vie quotidienne ont raison de tout discours électoraliste. Par leurs rassemblements, les salariés peuvent mettre en échec les politiques libérales. C’est le sens des initiatives, pour les salaires et pour un plein emploi de qualité, que prendront les organisations de la Cgt à la rentrée.

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