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Paule Masson | L’Humanité du 27 mars 2007

Les salariés sans papiers occupent Métal Couleur

mardi 27 mars 2007 par Paule Masson
Val-de-Marne . Hier, les ouvriers licenciés de cette usine ont déclenché une grève. Le préfet a enfin reçu une délégation.

« On est rentrés dans l’entreprise. Le travail s’est arrêté. On a décidé de rester là tant qu’on n’obtenait pas un rendez-vous avec le préfet » raconte simplement Souleymane, un des 19 salariés de l’entreprise Métal Couleur Système, dans le Val-de-Marne, licencié suite à un contrôle de l’inspection du travail.

Hier, aux aurores, ces salariés sans papiers, aidés de militants de la CGT du Val-de-Marne et de la fédération de la métallurgie, sont revenus sur leur lieu de travail, bien décider à l’occuper. Les salariés, qui prenaient leur poste à 7 heures, ont d’abord hésité, par peur de perdre leur emploi. D’autant plus que l’employeur s’est fait menaçant, cherchant à forcer le barrage. « Il faut dire qu’à voir les conditions dans lesquelles ils travaillent, les travailleurs étrangers doivent représenter une véritable manne », témoigne Mohamed Brahmi, qui s’occupe du collectif confédéral contre les discriminations raciales.

Les ouvriers se laissent pourtant vite gagner par la solidarité. « Nous avons discuté avec eux pour leur faire comprendre que tout le monde a intérêt à la régularisation de leur situation », explique Frédérique Dupont, secrétaire générale de l’union départementale. À 10 heures, la grève est majoritairement décidée. L’usine occupée. Des renforts extérieurs, militants syndicaux, élus communistes, dont le maire de Bonneuil, Patrick Douet, viennent témoigner leur soutiens. Ce coup de colère est arrivé jusqu’aux oreilles du préfet puisqu’un rendez-vous immédiat a été fixé. Invité par la CGT à participer à la délégation pour défendre leurs employés, le PDG de Métal Couleur Système et le directeur de l’usine ont finalement accepté de s’y rendre. Au départ pour protester contre l’occupation de l’usine. « Cela n’est pas la question », a coupé court le représentant du préfet. L’échange fut vif. « Les salariés ne sont pas seuls responsables de leur situation, témoigne Caroline Aubry, responsable du secteur juridique de la CGT du département. Nous l’avons bien fait comprendre au représentant du préfet, qui, du coup a ouvert une porte ».

Les militants décident de s’y engouffrer. Dans l’après-midi, retour à l’usine, afin de constituer les dossiers de régularisation. Face à cette avancée, la grève est suspendue. « Suspendue seulement », avertissent-ils. Dans la foulée, un rendez-vous est décroché jeudi matin avec la direction départementale du travail (TE) afin de négocier aussi la suspension des procédures de licenciements. « Notre bataille, c’est de gagner des papiers et la réintégration dans l’usine », assure Frédérique Dupons. En attendant, un comité de parrainages se met en place, afin de placer ces travailleurs sous la protection d’élus et de militants.

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