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Un article de Rémi Barroux et Martine Laronche paru dans Le Monde le 14 mars 2006

Les syndicats de lycéens, d’étudiants et de salariés continuent d’exiger le retrait du CPE

mardi 14 mars 2006 par Rémi Barroux, Martine Laronche

L’intervention du premier ministre, dimanche 12 mars sur TF1, n’a pas convaincue les responsables syndicaux, étudiants et lycéens, qui continuent tous de réclamer le retrait du contrat première embauche (CPE).

"Déception" et "colère" dominent pour Bruno Julliard, président de l’UNEF, le principal syndicat étudiant, qui appelle "à l’amplification de la mobilisation et à la généralisation de la grève dans les universités." Dominique de Villepin est apparu "mal à l’aise, dos au mur", aux yeux du syndicaliste étudiant. "Si on donne un coup de collier cette semaine, on a l’impression qu’on peut le faire reculer", ajoute M. Julliard en dénonçant les "contre-vérités alignées" par le premier ministre. "Quand il dit que pendant les deux premières années de période d’essai, le droit du travail s’applique, on sait bien qu’il n’y aura pas un jeune pour faire respecter ses droits en raison d’un chantage permanent au licenciement", développe-t-il.

Trois présidents d’université demandent la suspension du CPE

Olivier Audéoud, Rémi Pech et François Resche, respectivement présidents des universités de Paris-X (Nanterre), Toulouse-II (Le Mirail) et Nantes, ont demandé au premier ministre la suspension du CPE. "Le conseil (d’administration) vous demande solennellement de suspendre le CPE et d’ouvrir des négociations avec toutes les organisations professionnelles et étudiantes concernées", a indiqué, vendredi 10 mars, dans une lettre à Dominique de Villepin, le président de l’Université de Nantes. Samedi, MM. Audéoud et Pech se sont associés à sa demande. Dans une lettre ouverte à M. de Villepin, M. Audéoud considère que les tensions sont "extrêmement vives entre étudiants pro et antiblocage". [-] fermer

Quant aux garanties supplémentaires présentées par M. de Villepin, le président de l’UNEF les juge "très minimes". "Il est évident que si le gouvernement persiste à provoquer les jeunes, comme l’a fait le ministre de l’éducation, Gilles de Robien, après l’évacuation de la Sorbonne en expliquant que tous les étudiants qui se mobilisent sont des casseurs, la situation risque de se radicaliser", conclut M. Julliard.

Karl Stoeckel, président de l’Union nationale lycéenne (UNL), a fustigé "l’obstination et le mépris du gouvernement qui renforcent la colère des jeunes". Il a appelé "les lycéens à faire entendre leur voix (...) en votant la grève dans les lycées". Tristan Rouquier, président de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), "s’est dit atterré par l’autisme total dont a fait preuve le premier ministre". Il a encouragé les lycéens à manifester, jeudi 16 mars.

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, est également déçu. "J’espérais encore une surprise agréable, mais visiblement il n’a pas compris", fait-il valoir. "Le premier ministre a joué au pyromane avec le CPE et il n’a pas su jouer au pompier dimanche. Il n’a pas fait le choix de calmer le jeu", analyse M. Mailly. Les nouveaux "aménagements" du CPE proposés par M. de Villepin "ne sont pas négociables en l’état actuel, ils sont improvisés, on ne sait pas en quoi ils consistent, ni quel est leur financement", dit-il.

En pointe avec M. Mailly dans le combat anti-CPE, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, pense que Dominique de Villepin se trompe lourdement sur l’état d’esprit des syndicats. " Nous sommes prêts à discuter, y compris dans cette situation, mais pas pour aménager un contrat que l’on n’a pas choisi et dont on refuse le coeur, la rupture du contrat de travail." "Avec sa façon d’avancer tout seul, ajoute le numéro un de la CFDT, le premier ministre a plombé le grand débat qui aurait pu se tenir sur la flexisécurité".

Le numéro un de la CGT, Bernard Thibault, lui, fait toujours de la possibilité de revenir sur le droit de licencier "sans motif" un "préalable". S’il se dit intéressé par une discussion sur la précarité et prêt à y prendre sa place, M. Thibault estime aussi que "l’offre de dialogue" (du premier ministre) "est déjà entachée par son choix d’installer une mesure qui va accroître la précarité".

Côté patronal, le président de la CGPME, Jean-François Roubaud, se félicite du maintien d’"un dispositif qui va dans le bon sens, en assouplissant les règles d’embauche". Le responsable patronal, qui regrette "qu’on ait politisé le CPE, qui n’est pas une révolution par rapport au CNE", attend néanmoins des précisions sur les mesures annoncées par M. de Villepin. D’accord avec une évaluation régulière, M. Roubaud espère surtout que l’"on ne va pas changer les règles tous les six mois".

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