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Un article de Rémi Barroux paru dans le Monde du 5 février 2005

Les syndicats mesurent leurs forces sur les 35 heures et les salaires

samedi 5 février 2005 par admin
Les organisations syndicales CFDT, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires et UNSA ont appelé l’ensemble des salariés, de la fonction publique comme du secteur privé, à se mobiliser massivement, samedi 5 février, lors de manifestations unitaires, pour la défense des 35 heures. Du succès de ces rassemblement, où il sera aussi question de revalorisation du pouvoir d’achat, dépendra la capacité des syndicats à établir un rapport de forces favorable face au gouvernement. Au PARLEMENT, où le texte modifiant les lois Aubry doit être voté mardi 8 février, Gaëtan Gorce (PS, Nièvre) souhaite "que l’on montre aux Français que la mobilisation existe aussi dans l’hémicycle". Enseignants, chercheurs et lycéens entendent manifester particulièrement leur hostilité au ministre de l’éducation nationale, François Fillon, dont ils dénoncent les projets.

Mobilisation générale. La quasi-totalité des organisations syndicales - CFDT, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, Unsa - a appelé à des manifestations unitaires, samedi 5 février, pour les 35 heures, "l’exigence de vraies négociations salariales", le développement de l’emploi ou encore "la défense du code du travail menacé par les dérégulations".

Plus d’une centaine d’initiatives sont annoncées dans le pays. Elles doivent permettre, espèrent leurs organisateurs, la participation des salariés du secteur privé. Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, prudent, estimait toutefois, jeudi 3 février, dans Le Parisien, que 300 000 manifestants seraient "un succès".

Le début de l’année 2005 a été marqué par une "remobilisation" sociale dans le secteur public et par la réussite de la journée d’action des fonctionnaires, le 20 janvier, avec plus de 300 000 personnes dans la rue, selon les syndicats. A cette occasion, les dirigeants syndicaux s’étaient félicités de la fin de la "gueule de bois" consécutive à la réforme des retraites au printemps 2003, selon l’expression du secrétaire général de l’Unsa, Alain Olive.

Le mouvement syndical, durablement divisé après cet épisode et divergent sur l’appréciation du traité constitutionnel européen, a retrouvé un semblant d’unité. Bien que portant des appréciations très diverses sur les 35 heures de Martine Aubry et leurs modalités d’application, les syndicats ont décidé de faire front commun, mais avec des priorités différentes. FO met en avant les salaires, la CFDT la défense des 35 heures, quand d’autres souhaitent manifester contre la politique du gouvernement.

Le premier ministre se veut serein. "Nous n’avons pas de crispations sur ces sujets, nous sommes une société ouverte : que chacun s’exprime", a ainsi déclaré Jean-Pierre Raffarin, jeudi 3 février, lors de son intervention à la Conférence nationale pour l’égalité des chances. "Il y aura une manifestation ce week-end, cela fait partie d’une démocratie sociale", a-t-il ajouté. De son côté, le ministre délégué aux relations du travail, Gérard Larcher, avait estimé que "les syndicats se trompent de combat".

SOUTIEN DE L’OPINION PUBLIQUE

L’un des auteurs de la proposition de loi, et président de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, Patrick Ollier, s’étonnait aussi "que l’on puisse mobiliser contre la liberté". Ce dernier a confié au Monde qu’il était "conscient des risques d’union de la gauche contre cette réforme et que, pour cette raison, il n’avait rien proposé de brutal".

En inscrivant à l’ordre du jour du débat parlementaire une proposition de loi permettant de nouveaux "assouplissements" des 35 heures, le gouvernement a pris le risque de redonner du tonus à un mouvement syndical en panne de perspectives et en mal d’efficacité. Et d’offrir à la gauche la possibilité de manifester aux côtés des syndicats.

Le gouvernement doit aussi affronter une opinion publique qui semble favorable aux manifestations de samedi. Selon un sondage CSA paru dans l’Humanité du 3 février (réalisé le 26 janvier), 41 % des personnes interrogées déclarent "soutenir" le mouvement et 28 % "avoir de la sympathie à son égard",11 % se déclarant "hostiles" ou "opposés" et 17 % "indifférents".

Cette "sympathie" s’accompagne d’une baisse des cotes de confiance du président de la République, 37 % contre 41 % le mois précédent, et du premier ministre, 29 % contre 30 %, selon le baromètre TNS-Sofres paru dans Le Figaro Magazine du 5 février.

Confiant sur les 35 heures, le gouvernement se montre plus inquiet sur les mouvements dans l’éducation nationale, et sur la conjonction du mécontentement des chercheurs, des enseignants, et des lycéens. Certains ministres expriment en privé leurs doutes sur la loi d’orientation pour l’avenir de l’école de François Fillon.

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