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Article de FRANÇOIS-XAVIER BOURMAUD paru dans Le Figaro du 07.09.06

Les syndicats peinent à faire entendre leurs revendications.

jeudi 7 septembre 2006 par François-Xavier Bourmaud
D’une rentrée à l’autre, les bons résultats économiques et la proximité de l’élection présidentielle ont changé la donne.

ÉTRANGE ATONIE sur le front syndical. Il y a tout juste un an, les cinq grandes centrales s’accordaient pour fêter à leur manière les « cent jours » de Dominique de Villepin à Matignon en organisant une « journée d’action » avec appel à la grève et manifestations partout en France. Il s’agissait alors de défendre l’emploi, de dénoncer la précarité et de demander du pouvoir d’achat.

Un an plus tard, les revendications n’ont pas changé mais le ton a baissé d’un cran. Si Bernard Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT), Jean-Claude Mailly (FO) et Jacques Voisin (CFTC) ont pris soin de les marteler à nouveau depuis le début du mois, il n’est plus question désormais de faire défiler les troupes pour mettre le premier ministre sous pression.

Car voilà, entre les bons résultats économiques du gouvernement sur les fronts de l’emploi et de la croissance, la perspective omniprésente de l’élection présidentielle à venir et le contrecoup de la crise du CPE les syndicats ont du mal à s’imposer dans le paysage de cette rentrée. En témoigne leur relative apathie sur la fusion Suez-Gaz de France.

Exégètes des programmes électoraux Mais il s’agit bien du seul dossier potentiellement explosif encore en cours, le premier ministre ayant pris soin non seulement de déminer la « rentrée sociale » en annonçant dès la fin août des mesures sur le pouvoir d’achat mais également en évitant toute provocation à l’égard des syndicats. Sur l’agenda des réformes à engager avec les partenaires sociaux, ne figure que celle, relativement consensuelle, du dialogue social.

Au sortir de leurs entretiens avec Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher sur le sujet, les leaders syndicaux se sont d’ailleurs montrés fort peu virulents. C’est qu’avec l’élection présidentielle de 2007, le temps politique a pris le pas sur le temps social, avec le risque pour les syndicats de se voir relégués au rang d’observateurs de la campagne et d’exégètes des programmes électoraux. Les critiques ont d’ailleurs commencé à pleuvoir après la proposition de Ségolène Royal d’imposer l’adhésion à un syndicat ou celle de Nicolas Sarkozy de faire voter à bulletin secret par les salariés la poursuite d’une grève.

D’ici l’élection, les syndicats vont aussi essayer d’expédier les affaires courantes. Les interminables négociations sur la diversité, la pénibilité, les accidents du travail et les maladies professionnelles se poursuivent. Et dans la foulée, les partenaires sociaux vont lancer le grand chantier de la remise à plat du système d’assurance-chômage. Un chantier dont tous les négociateurs savent d’ores et déjà qu’il n’aboutira pas avant 2007.

Mais, malgré ce calme apparent, la grogne sociale qui s’était exprimée via le référendum sur la Constitution européenne, la crise des banlieues ou celle du CPE demeure présente. Dans les syndicats, on ne veut en tout cas pas se soumettre à l’agenda politique. Un syndicaliste résume l’état d’esprit général : « Nous ne nous résoudrons pas au rôle de spectateur passif et n’attendrons pas la campagne présidentielle pour nous faire entendre. »

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