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Article de THIÉBAULT DROMARD paru dans Le Figaro le 15 novembre 2006

Les syndicats s’opposent aux projets de Nestlé

mercredi 15 novembre 2006 par THIÉBAULT DROMARD
Une quinzaine d’usines ont débrayé, hier, en France. Le groupe redessine sa carte industrielle française.

« Il N’Y A qu’en France que les restructurations font autant de bruit et prennent autant de temps. » Peter Brabeck, le président du groupe Nestlé, n’a pas l’habitude de mâcher ses mots. L’actualité sociale de la filiale française du géant suisse lui donne plutôt raison. Hier, à l’occasion du comité de groupe, près de la moitié des trente-cinq usines françaises observaient, à l’appel de la CGT, des arrêts de travail s’échelonnant de deux heures à vingt-quatre heures. Une agitation sociale à laquelle le groupe commence à être habitué. La réunion d’hier n’a donné lieu à aucune annonce précise, le groupe préférant décentraliser l’information sociale sur chacun des sites.

Plusieurs réponses pourraient être apportées d’ici à la fin de l’année. L’usine de Quimperlé dans le Finistère, qui produit de l’alimentation pour animaux, n’est plus assez compétitive aux yeux de la direction qui préfère la céder plutôt qu’investir près de 40 millions d’euros pour la moderniser. Hier, 50 % des salariés du site ont cessé leur activité. Ce conflit latent depuis près d’un an pourrait trouver une issue « d’ici à quelques semaines », précise la direction qui entend présenter un repreneur aux salariés. La CGT, véritable bête noire du groupe agroalimentaire, est rodée aux bras de fer avec la direction. Ainsi, pour le site breton, le syndicat s’est offert les services de la même avocate que pour le conflit de l’usine de Saint-Menet qui a traîné près de 21 mois.

Évolutions du périmètre

À Dijon, où l’usine de la barre chocolatée Lion a été bloquée hier entre 5 et 7 heures du matin, la direction privilégie deux hypothèses. Le lancement de nouveaux produits pour relancer la production et la recherche d’un partenaire sont à l’étude. Autre site problématique : Challerange dans les Ardennes. Ici, la solution pourrait venir de Lactalis qui étudie une possible reprise de cette usine de fabrication de lait en poudre.

Ces évolutions de périmètre industriel sont jugées nécessaires pour la multinationale. Mais, depuis des années, elle a maille à partir avec la culture syndicale française. Ainsi, Jean-Pierre Riboux, délégué central CGT, note la forte rentabilité de Nestlé tout en dénonçant « la casse des emplois, des salaires, la dégradation des conditions de travail et de la qualité même des produits ». De son côté, la direction du groupe rappelle qu’en « quinze ans, l’effectif des activités de Nestlé France a légèrement augmenté pour atteindre 17 500 salariés ».

« Nous devons nous adapter en permanence à l’évolution des marchés », explique la direction qui dément tout projet de désengagement. Cette redistribution des cartes passe par la fermeture de certains sites et des investissements sur d’autres, évalués en 2006 à 150 millions d’euros. Les usines de Beauvais (crèmes glacées) ou Dieppe (poudre de café) ont connu d’importantes transformations.

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