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un article de Paule Masson paru dans L’Humanité du 31 mars 2006

Les syndicats sont confiants pour la poursuite de la mobilisation

vendredi 31 mars 2006 par Paule Masson
Avec l’annonce d’une nouvelle journée de grève le 4 avril, les organisations travaillent l’ancrage du mouvement dans les entreprises publiques et privées.

Alors que le niveau de mobilisation contre le CPE est historique, les syndicats assurent, au lendemain d’un nouvel appel à une journée de grève et de manifestation, qu’il reste encore beaucoup de réserve. « On peut construire un 4 avril énorme, en progressant notamment dans les arrêts de travail » explique Maryse Dumas, alors que la CGT examinait hier matin en commission exécutive comment ancrer le mouvement dans les entreprises.

Même si la forme d’action décidée par l’intersyndicale est la même que celle de mardi dernier, « on veut faire du crescendo », affirme René Valladon (FO). « Le mécontentement s’enracine. Il est de plus en plus large », développe aussi Gabrielle Simon (CFTC). Après le tour de table, mercredi, lors de l’intersyndicale, cette conviction était si unanime qu’elle a convaincu l’UNEF : « Les syndicats de salariés nous ont convaincus qu’avec la répétition d’une journée de grève et de manifestation, il est possible de faire mieux que l’exceptionnelle réussite du 28 mars », raconte Bruno Julliard, président de l’organisation. « Nous, on tient quoi qu’il arrive », précise-t-il.

« Plus le temps passe, plus le mouvement porte des enjeux qui dépassent le CPE. Un malaise très profond s’exprime sur les valeurs dominantes de la société », ajoute-t-il encore, rejoint par René Valladon qui précise que « les salariés ont compris l’objectif du gouvernement : passer de la norme CDI à la norme précaire dans le Code du travail. » Le mouvement s’ancre dans le rejet de la précarité du travail que symbolise le CPE. Et les syndicats trouvent là matière à élargir la fronde sans se détourner de leur objectif premier. « L’unité tient sur deux fondamentaux : obtenir le retrait du CPE même si la loi est promulguée et tout décider ensemble », confie Maryse Dumas. Depuis deux mois, les douze organisations cultivent ce « bien très précieux », selon Bruno Julliard. « Nous fonctionnons au consensus absolu. Chacun fait ses propositions et nous discutons jusqu’à trouver un compromis qui fasse l’unanimité », se réjouit René Valladon.

C’est dans ce cadre que la proposition de travailler à généraliser la grève a été évoquée mercredi. La Coordination étudiante est venue la réclamer. Annick Coupé a aussi mis en débat l’idée d’appeler à reconduire les arrêts de travail. « Mais, nous savons bien que la grève générale ne se décrète pas. Pour s’installer dans une grève durable, le mouvement doit dépasser l’aspect de solidarité avec les jeunes », analyse la porte-parole de l’Union syndicale Solidaire, qui pense, qu’après le 4 avril, si le gouvernement s’obstine, « ça peut basculer ».

Préparer une manifestation nationale à Paris est aussi évoqué. Non retenue, pour le moment. « Lors de notre dernière conférence téléphonique, nos syndicats ont préféré continuer à ancrer le mouvement localement », raconte Annick Coupé. La CGT pense aussi qu’il est difficile de faire plus que trois millions avec une manif nationale. « Mais, rien n’est exclu », précise Maryse Dumas.

Et les vacances ? « On a déjà enjambé celles de février, on passera celles de Pâques », s’amuse René Valladon. Tous y pensent, bien sûr, mais aucun ne peut imaginer que la pression retombe pendant les congés. « Pas pensable », tranche Gabrielle Simon. « On va imaginer les formes d’action particulière », promet Maryse Dumas.

Paule Masson


La mise en garde de bernard thibault

Le secrétaire général de la CGT a mis en garde hier contre le choix d’un « passage en force » gouvernemental sur le CPE. Dans un communiqué, publié dans la matinée d’hier, Bernard Thibault prévient que « ce serait une décision très lourde de conséquences ». Le numéro 1 de la CGT appelle Jacques Chirac à « prendre la véritable mesure de la crise sociale, à entendre l’appel des douze organisations syndicales et d’une majorité de Français de toutes générations », rejetant la faute sur le premier ministre qui a « contourné les organisations syndicales de salariés, les représentants des étudiants et de lycéens ». Il prévient également que les salariés « ne comprendraient pas qu’en ces circonstances de petits calculs politiques inspirent le chef de l’État ».

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