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Guillaume Mollaret | Le figaro du 20.03.2008

Les tensions se poursuivent entre EDF et Areva

jeudi 20 mars 2008 par Guillaume Mollaret
La renégociation du contrat de recyclage du plutonium est source de vifs conflits.

Après la Hague, Marcoule. Voici quelques semaines, on apprenait que l’exploitation de l’usine de traitement des combustibles située dans la Manche, propriété d’Areva, et dont EDF est le principal utilisateur (à hauteur de 80 %), faisait l’objet de négociations extrêmement tendues (lire nos éditions du 6 février ). Cette fois, c’est au tour de l’usine Melox de Marcoule (Gard), filiale d’Areva, de cristalliser les tensions. Deux dossiers sont éloignés géographiquement mais indissolublement liés, le recyclage constituant l’étape suivante du traitement des combustibles nucléaires.

À Marcoule, c’est très précisément la renégociation du contrat de recyclage du plutonium d’EDF qui est source de conflits. Les deux entreprises publiques sont entrées dans une phase de renégociation de leur contrat pluriannuel, dans un climat plutôt ...électrique. Elles ont été incapables jusque-là de trouver des modalités financières acceptables pour les deux parties.

Vendredi dernier, il a fallu attendre le dernier jour avant l’expiration d’un contrat annuel assurant l’approvisionnement en plutonium à recycler de l’usine Melox pour que les deux entreprises se résignent à un contrat transitoire jusqu’en 2009. Pour le directeur général délégué de Melox, Patrick Pallière, il s’agit simplement de « tensions naturelles liées à toute renégociation de contrat ».

Dans les faits, Melox, premier producteur mondial de MOX, et EDF, premier client de l’entreprise, semblent condamnés à s’entendre. Vingt réacteurs de six centrales nucléaires EDF fonctionnent en partie avec du MOX : un mélange d’uranium et de plutonium qui permet à la centrale, en complément d’uranium enrichi, de produire de l’électricité. Ainsi, l’opérateur public représente les deux tiers du carnet de commandes d’une entreprise qui a réalisé l’an passé un chiffre d’affaires « supérieur à 200 millions d’euros ».

Préserver 700 emplois

Melox souhaite-t-il s’émanciper d’EDF ? En tout cas, la filiale d’Areva a décidé d’accélérer son développement à l’international. Notamment vers le Japon, pays où le marché de l’électricité est privatisé. « Nous avons signé en 2007 trois contrats avec trois clients, explique Patrick Pallière. Et nous espérons concrétiser, dans les mois qui viennent, un contrat sur le long terme avec Kansai, un des deux plus gros opérateurs nippons. »

D’ici à quatre ans, la production de MOX à Marcoule devrait ainsi passer de 150 à 195 tonnes. « Mais EDF restera toujours notre plus gros client » , prophétise avec confiance Patrick Pallière qui espère à l’horizon 2012 revendre « 110 à 120 tonnes de MOX » à l’opérateur public et ainsi préserver les 700 emplois de l’usine, tout en faisant grimper le chiffre d’affaires de 200 à 300 millions d’euros à cette date.

Les deux entreprises sont bel et bien liées, même si EDF disposera bientôt de nouveaux arguments dans ces négociations. Une usine de production de MOX entrera en fonctionnement au Japon cette année.

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