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Article de Stéphane Foucart et Hervé Morin paru dans le Monde du 6 juillet 2007

Les tours des centrales nucléaires accusées d’émettre trop de légionelles

jeudi 6 juillet 2006 par Hervé Morin, Stéphane Foucart
L’association Sortir du nucléaire a appelé, mardi 4 juillet, les riverains de plusieurs centrales nucléaires à saisir la justice, estimant que ces installations présentent un risque sanitaire lié à des émissions de légionelles. L’organisation dit fonder son action sur un récent rapport (Le Monde du 23 juin) de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) invitant EDF à revoir sa politique de contrôle des bactéries présentes dans les tours aéroréfrigérantes de ses centrales.

Sortir du nucléaire met aussi en cause les autorités qui ont exclu les centrales nucléaires d’EDF de la réglementation commune. Les seuils au-delà desquels un réacteur serait arrêté sont 5 à 50 fois plus élevés que pour les autres installations industrielles - dont les usines thermiques d’EDF. "Ce régime dérogatoire tient compte du fait que la hauteur des tours aéroréfrigérantes d’EDF favorise la dilution des légionelles", indique-t-on à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Cet argument n’a pas convaincu l’Afsset, dont les conclusions ont conduit l’ASN à demander à EDF, dans un courrier en date du 16 juin, d’"approfondir son analyse" sur ce point. Mais aussi de renforcer la surveillance des centrales, d’étudier les moyens de lutte contre les légionelles et d’exploiter les études épidémiologiques. Alain Schmitt, directeur adjoint de l’ASN, précise cependant qu’"aucun épisode de cas groupés de légionellose n’a été observé près des centrales", et qu’"aucune concordance entre les souches des centrales et celles prélevées sur des malades n’a été constatée".

Les efforts d’EDF visant à réduire les concentrations de légionelles dans ses installations sont également montrés du doigt par Sortir du nucléaire. Sur la foi de documents administratifs de la préfecture d’Indre-et-Loire, l’association dénonce ainsi la présence de nitrites et de nitrates issus des traitements mis en oeuvre - généralement à base de chlore -, "jusqu’à 7 km en aval" de la centrale de Chinon par exemple.

Cet aspect fait l’objet d’une nouvelle expertise de l’Afsset, qui devrait être rendue publique dans les prochains mois. Un pré-traitement de l’eau puisée dans les rivières pour refroidir les réacteurs "est la solution qui s’esquisse, avance Bernard Tribollet (CNRS), expert sollicité par l’Affset, mais c’est très onéreux".

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