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Un article de Philippe Jérôme paru dans l’Humanité du 2 février 2005

Lustucru : Patrons pas coopératifs

mercredi 2 février 2005 par Philippe Jérôme
L’usine d’Arles est toujours fermée. Par l’absence d’un positionnement net de l’État et le refus par Panzani de respecter ses engagements.

Du business plan au logo de la future Société - coopérative ouvrière de production (SCOP), tout était prêt pour envisager un redémarrage prochain de l’usine Lustucru-Riz d’Arles dévastée par les inondations de décembre 2003. Mais lundi dernier, la table ronde qui - devait entériner le projet a tourné court. Les manifestants qui avaient fait en car le déplacement d’Arles à Marseille eurent la surprise de voir les délégués et élus sortir de la préfecture une demi-heure après leur entrée. Le groupe Panzani avait choisi la politique de la chaise vide, refusant de céder les machines et brevets nécessaires au conditionnement du riz. « Après la déclaration liminaire des syndicats, le préfet s’est mis en furie puis a levé la séance », raconte un témoin. C’est finalement devant la presse que chacun a exprimé sa position. Le président socialiste du conseil régional PACA, Michel Vauzelle, et le maire communiste d’Arles, Hervé Schiavetti, ont renouvelé leur soutien « encore plus fermement qu’avant », apprécie le délégué CGT Serge - Bonutti, aux salariés qui occupent, nuit et jour depuis mars 2004, le site sinistré. Le préfet a estimé en substance que la coopérative ouvrière de riz ne serait pas viable faute de financement suffisant et qu’il faudrait vraisemblablement en revenir au plan dit « social » de Lustucru, fondé sur des reclassements dans le groupe (11 réalisés sur 150 salariés) et d’hypothétiques reconversions. La CGT voudrait quant à elle que les discours gouvernementaux, voire présidentiels, sur la nécessaire réindustrialisation des territoires soient suivis d’actes.

« Notre projet de coopérative s’inscrit dans une volonté unanime de pérenniser la - filière rizicole camarguaise. Nous avons le savoir-faire et le marché [les collectivités - locales et la restauration collective - NDLR]. Nous attendons donc du représentant du gouvernement un positionnement politique net, et du groupe Panzani le respect des engagements pris », souligne Serge Bonutti.

L’un de ces engagements est la rétrocession gratuite à la ville d’Arles des terrains abandonnés par la multinationale, qui a délocalisé en Italie. Ce point ne poserait a priori aucune difficulté. Pour démarrer, la SCOP - qui prendrait le nom d’« Arles riz d’ici » - aurait besoin des 11 millions d’euros d’aides sociales que le groupe Panzani avait promis de débloquer, avec la caution du - ministre des Finances de l’époque, Nicolas Sarkozy. Enfin les futurs coopérateurs - déjà une soixantaine d’inscrits -, qui estiment que la - remise en état des machines et des silos endommagés coûtera environ 13 millions d’euros, comptent à ce titre sur les 15 millions d’euros remboursés pour les dégâts matériels commis par la crue du Rhône. « Panzani ne s’enfuira pas avec l’argent des assurances », promet Serge Bonutti, qui en appelle là aussi à une prise de responsabilité au plus haut niveau politique.

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