Liste des auteurs

Dépêche AFP du 31/01/2005 à 17:59

Lustucru : le Préfet tente de bloquer le montage de la SCOP

lundi 31 janvier 2005

Plus d’un an après la fermeture de l’usine Lustucru-riz d’Arles (groupe Panzani) touchée par les inondations, le projet de reprise porté par ses syndicats, CGT en tête, et sa centaine de salariés semblait lundi avoir vécu, le préfet estimant qu’aucune des conditions pour sa viabilité n’était réunie.

"Le temps du rêve" d’une société coopérative ouvrière de production (SCOP) "est terminé", a déclaré le préfet de Provence-Alpes-Côte-d’Azur (PACA), Christian Frémont, affirmant que "tout le monde avait joué le jeu" dans cette affaire, "et notamment l’Etat".

L’usine arlésienne de traitement et de conditionnement du riz, vieille de 50 ans et qui employait 146 personnes, avait été envahie par les eaux du Rhône pendant la crue de décembre 2003. En mars 2004, Panzani avait annoncé qu’elle ne rouvrirait pas ses portes.

Les 115 salariés qui n’ont pas retrouvé d’emploi depuis sont invités à prendre contact avec la cellule de reclassement installée par Panzani dans le cadre du plan social, qui doit être "boostée", a poursuivi le préfet.

Ajoutant qu’il s’agissait également de "mener durement les négociations de fin de conflit" avec Panzani en vue d’obtenir pré-retraites ou indemnités de départ et d’élaborer d’ici le 10 mars un "plan de revitalisation du territoire", le préfet a insisté : "Aucun salarié ne sera laissé sur le bord de la route".

"Je le dis avec tristesse, aucune condition pour le lancement de la société coopérative ouvrière de production (SCOP) n’est réunie", a encore expliqué M. Frémont. Il n’existe pas de garanties sur "l’approvisionnement en riz" de la coopérative qui aurait employé 90 personnes, "sur les machines et les brevets que Panzani refuse de céder, sur les débouchés ou le financement" de la SCOP, a-t-il dit.

Selon lui, le projet aurait coûté quelque 28 MEUR, dont un peu moins de 14 MEUR ont été réunis. Sur ce total, figure une importante proportion d’aides publiques (Etat pour 3,8M EUR, les conseils régional et général pour 1,6 MEUR chacun notamment), supérieure à la limite autorisée par Bruxelles. Ces aides pourraient désormais être consacrées aux diverses structures d’accompagnement des salariés, a-t-il ajouté.

Le préfet s’exprimait à l’issue d’une table ronde réunissant syndicats et collectivités locales, dont il avait prévenu qu’elle devait être "conclusive". La CGT a rapidement claqué la porte de la réunion, à laquelle ne participait pas Panzani, dénonçant "un génocide de l’emploi".

Serge Bonutti, ancien délégué CGT de Lustucru, a réitéré que le projet de SCOP était "viable", réclamant "11,7 MEUR d’indemnités touchées par Panzani au titre des dommages matériels consécutifs aux inondations".

Panzani avait affirmé de son côté avoir déjà injecté ces fonds dans le plan de sauvegarde de l’emploi.

"En fermant l’usine, Panzani avait atteint le comble de l’immoralité", a réagi le président PS du conseil régional, Michel Vauzelle. "Aujourd’hui, le comble du comble a été dépassé, l’Etat ne peut pas se dégager de ses responsabilités au nom des réalités économiques", a-t-il ajouté.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !