Liste des auteurs

Lutte contre le réchauffement climatique : Pour une transition juste et efficace

jeudi 19 novembre 2009 par Confédération Générale du Travail (CGT)

Le sommet de Copenhague en décembre prochain représente un enjeu considérable pour l’avenir de la planète. Les discussions préparatoires sont d’autant plus difficiles qu’il faut articuler l’élaboration d’un plan de lutte contre le réchauffement climatique avec le traitement des causes et conséquences de la grave crise économique et sociale que traversent tous les pays du monde.

Il est en effet impossible de répondre aux enjeux environnementaux sans réduire les inégalités économiques et sociales. Le monde a pour cela besoin de plus de solidarités et de coopération. Chaque année qui passe complique la solution et accroît le coût des adaptations indispensables. Le risque est pourtant grand qu’au lieu et place du signal clair attendu, les négociations climatiques du sommet mondial n’aboutissent qu’à un plan peu ambitieux, aux engagements vagues et aux contours flous. Ce plan ne serait paradoxalement pas moins coûteux pour autant.

Les enjeux d’emplois, de condition de travail, de niveau de vie sont considérables. Ils se posent pour les pays en développement qui doivent bénéficier de transferts de technologies, d’assouplissement des règles de la propriété intellectuelle et de dotations financières spécifiques. Mais ces enjeux existent aussi pour les grands pays industrialisés. L’avenir de nombreuses filières industrielles comme de nombreux bassins d’emplois dépend des réponses qui seront apportées pour réduire les rejets de CO2. La CGT demande que les travailleurs et leurs représentants, acteurs incontournables de la transition vers une « économie bas carbone », soient complètement associés à la phase finale de la préparation du sommet de Copenhague ainsi qu’à ses suites.

Le plan français reprend bien l’objectif de réduction des émissions des pays industriels de 25 à 40% d’ici 2020 ainsi que le principe d’une taxation des transactions des institutions financières de manière à financer les efforts d’adaptation des pays les plus pauvres. Il préconise la création d’une Organisation Mondiale de l’Environnement sur le modèle de l’OMC. Il prétend « protéger les plus vulnérables [1] » . Il reste cependant totalement flou sur le contenu du compromis acceptable pour l’après Kyoto, comme sur la nature des règles applicables et sur le volume des financements associés.

Pour la CGT qui fait sienne les déclarations de la Confédération Syndicale Internationale (CSI) et de la Confédération Européenne des Syndicats (CES) sur les réponses à l’enjeu climatique, l’une des préoccupations principales est celle du développement d’industries et d’activités à « bas carbone » en France, mais aussi en Europe et partout dans le monde ainsi que des emplois qui leur sont associés. Les « emplois verts » ne sont qu’une partie du problème. C’est tous les secteurs qui sont concernés par une transition juste et efficace vers une « économie à bas carbone » Il faut donc traiter le problème de l’emploi dans son ensemble.

Les risques sont en effet grands, face à des dispositifs qui seraient déséquilibrés, de voir se multiplier ce que les experts appellent les « fuites de carbone », notamment les délocalisations d’activités productives vers les pays moins-disant sur le plan environnemental. C’est pourquoi il est à nos yeux nécessaire d’introduire à tous les niveaux de réflexion et de décision les questions du travail, de l’emploi, de la formation et de la recherche de l’usage des financements. L’Europe a besoin d’une stratégie coordonnée en matière de transition vers une économie « bas -carbone » : une politique industrielle et de recherche ; une coordination des efforts de formation ; la création de plateformes technologique d’échanges ; un système de traçabilité carbone ; la réforme en profondeur du marché carbone lui même…

La France, pour être crédible a besoin, non d’instaurer en urgence une taxe carbone sur la consommation des ménages, mais de mettre plus de cohérence dans ses politiques de lutte contre le réchauffement climatique. La priorité au développement durable n’exige pas de diminuer la production industrielle mais impose de transformer les processus productifs et les produits, de généraliser le recyclage et la dépollution pour limiter les rejets de CO2. Elle justifie des investissements massifs dans les filières concernées, un développement de la recherche et de la formation, une amélioration des conditions d’emploi, un ensemble d’efforts que ne semblent vouloir consentir ni les firmes ni la puissance publique. De même, l’isolation des bâtiments et des logements anciens est une priorité qui ne saurait être réglée par le seul octroi d’avantages fiscaux et de crédits d’impôt. Enfin le développement du transport peu polluant est incompatible avec l’abandon d’une part importante de l’activité fret de la SNCF.

Pour la CGT aucun emploi ne doit être à priori condamné. Toute activité peut être compatible avec les objectifs environnementaux à condition d’être adaptée. Les transitions doivent être garanties socialement. Elles sont en tout cas incompatibles avec la dérégulation du marché du travail et la priorité laissée aux logiques financières. Des droits nouveaux doivent être établis en faveur des salariés sur les lieux de travail en matière de protection de la santé et de l’environnement.

Justice sociale, protection et promotion du travail, devoir de solidarité, sont parties intégrantes de la réponse à la dégradation de l’environnement et au réchauffement climatique.

Montreuil, le 17 novembre 2009

[1] Interview de Jean-Louis Borloo au Journal du Dimanche, 1/11/2009

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !