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Mehdi Fikri | L’Humanité du 11,06,2008

Luttes des fonctionnaires : « Le gouvernement tente de nous bâillonner »

jeudi 12 juin 2008 par Mehdi Fikri
Mobilisation . Les fonctionnaires en grève manifestaient hier, notamment contre la révision générale des politiques publiques et le projet de loi sur la mobilité.

Des camionnettes alignées le long du trottoir, des ballons gonflés à l’hélium et une foule encore clairsemée sur le trottoir, au bas de l’avenue des Gobelins. Une demi-heure avant le début de la manifestation de la fonction publique, à l’appel des syndicats FSU, CGT et Solidaires, certains craignaient le pire. « Mais merde, ils sont où les autres ? », souffle Yannick, du syndicat territorial (CGT) de la mairie de Nanterre. Il regrette déjà que « le mouvement pour les retraites n’ait lieu que le 17 juin. L’allongement de la durée de cotisation, ça nous concerne aussi ! » Blandine et Jean-Claude, de Sud santé, attendent aussi les renforts : « Les finances sont partis de Bercy tout à l’heure et les culture arrivent bientôt de la Bibliothèque François-Mitterrand. » À 14 h 30, une clameur descend enfin du boulevard Saint-Marcel. Les cortèges se rejoignent et le croisement est rapidement bloqué. À Paris, le cortège a rassemblé 10 000 participants selon les organisateurs, 4 200 selon la police.

Le gouvernement attaque tout le monde

« Il ne faut pas juger la mobilisation uniquement sur cette journée. Le gouvernement aurait tort de parier sur l’essoufflement de ce mouvement », a déclaré Jean-Marc Canon, responsable de la CGT fonctionnaires, tandis que Gérard Aschieri, responsable de la FSU, assurait que « cette journée n’est pas l’une des plus fortes qu’on ait connues (…) mais derrière, il y a un vrai mécontentement qui persiste ». « C’est un nouveau temps fort dans la mobilisation, dans la continuité de l’action », jugeait de son côté Jean-Michel Nathanson, responsable de Solidaires fonction publique.

Azzedine et Mélanie, en tee-shirts rouges siglés « Sport scolaire », sont là pour dénoncer la diminution des effectifs et du matériel. « Au collège François-Mauriac de Louvres, on a huit gamins par table de ping-pong ! Forcément, c’est le bordel. », déplore Azzedine. « Le gouvernement attaque tout le monde en même temps, poursuit Mélanie. Alors, c’est dur de faire passer le message. »

Même écho aux impôts : « Il faut faire comprendre aux usagers qu’ils vont galérer dans le futur, martèle Sandra de la CGT. Et ce n’est pas facile : le gouvernement tente de nous bâillonner, tandis qu’en province les collègues en grève depuis le 15 mai se prennent les CRS dans l’indifférence générale. » Pour Marie, du SNUI, c’est « aujourd’hui ou jamais ». Pour elle, pas de doute : « L’État attend les vacances avec impatience pour étouffer le mouvement. Il faut organiser un roulement de la mobilisation et que Paris prenne le relais. »

En retrait, il y a un groupe de la CGT pénitentiaire. Pour eux, la casse du service public, c’est plus que concret, c’est dangereux. « Il y a deux mois, l’État a lancé une expérimentation à la centrale des longues peines de Moulins. À présent, c’est une société privée qui prend en charge les achats des détenus, que ce soit la nourriture ou les produits d’hygiène, raconte Céline Verzeletti. Et qui dit société privée dit profit. Les prix ont donc rapidement augmenté et les détenus ont commencé à faire des « refus de remontée de promenade ».« C’est pas encore l’émeute mais on en est pas loin. »

une bande d’ados, mi-souriants mi-sérieux

Tandis que les cortèges Solidaires, puis CGT, s’ébranlent vers Port-Royal, les manifestants FSU attendent que le passage soit dégagé pour s’engager dans l’avenue. Antonello, prof à Paris, observe les forces en présence : « Le SGEN-CFDT n’est pas là, alors que Chérèque avait appelé à être plus offensif », ironise-t-il. Derrière lui, une bande d’ados parlementent, mi-souriants mi-sérieux. Ils n’ont pas tout compris à la RGPP mais ils ont quand même décidé de sécher les cours pour manifester. « On est du lycée Schweitzer au Raincy, explique Pauline. Nous, ça va encore à peu près mais la commune d’à côté, c’est Montfermeil avec ses lycées en ZEP. C’est aussi pour être solidaires avec eux qu’on est là. »

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