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Propos recueillis par Rémi Barroux publiés dans Le Monde du 8 septembre 2006

M. Charpy : "Il faut se méfier des simplifications hâtives. On peut être public et efficace !"

vendredi 8 septembre 2006 par Rémi Barroux

L ’Unedic va confier 100 000 chômeurs au secteur privé (Le Monde du 7 septembre). Considérez-vous cette évolution comme une menace pour l’ANPE ?

L’Unedic envisage de confier 46 000 demandeurs d’emploi à des organismes privés, quand l’ANPE en accompagne trois millions chaque année. Cela reste modeste. De plus, il est bon de se confronter à d’autres modes de travail. L’ANPE fait déjà appel à de nombreux prestataires privés et y consacre 500 millions d’euros, soit un quart de son budget.

Mais n’y a-t-il pas derrière cette évolution une remise en cause du travail de l’agence ?

Nombre de conseillers de l’agence vivent cela comme une remise en cause de leur travail et une critique de leur efficacité. C’est pour cela que je suis extrêmement réactif quand on affirme sans évaluation que le privé est plus efficace.

Nous avons mené une étude qui sera prochainement publiée sur le taux de sortie du chômage pour des personnes prises en charge, soit par les opérateurs privés, soit par l’ANPE dans le cadre de son dispositif d’accompagnement renforcé. Pour des populations comparables, les résultats sont identiques entre l’ANPE et le privé, avec un taux de sortie de 35 % au bout de six mois, mais pour un coût trois fois plus faible à l’ANPE. Il faut se méfier des simplifications hâtives. On peut être public et efficace !

Pourquoi ne pas généraliser un système plus efficace et ne pas avoir concouru à l’appel d’offres de l’Unedic ?

Nous n’avons pas voulu perturber les expérimentations lancées par l’Unedic avec notre appui car nous avons un partenariat de long terme avec l’assurance-chômage.

En revanche, nous allons expérimenter dans quatre régions un dispositif d’accompagnement encore plus renforcé, concernant 40 000 chômeurs, indemnisés ou non, présentant un risque de chômage longue durée. Près de 500 conseillers seront affectés et spécialisés sur cette mission, et ils n’auront chacun que 60 demandeurs d’emploi à accompagner, au lieu de 120 à 130. Cette expérimentation sera évaluée tout au long du processus par une équipe de chercheurs du CNRS.

Nous allons aussi renforcer les dispositifs d’aides à la création d’entreprises pour 5 000 à 7 000 demandeurs d’emploi, en faisant appel à des partenaires privés.

Et le suivi des bénéficiaires d’une convention de reclassement personnalisé (CRP) pour lesquels l’Unedic lance un appel d’offres ?

Nous suivons déjà les bénéficiaires de la CRP. La fin du monopole de l’ANPE impose à l’Unedic de lancer un appel d’offres pour cette mission. Nous y répondrons pour continuer d’apporter nos services dans les mêmes conditions aux licenciés économiques.

Vos moyens sont-ils suffisants pour ces nouveaux services ?

C’est un changement qualitatif et quantitatif. Les équipes sont mobilisées et nous serons capables avec nos moyens actuels de répondre aux nouvelles demandes. Nous allons accroître la part des effectifs en contact avec les chercheurs d’emploi et des entreprises.

Confirmez-vous l’augmentation des offres d’emploi et le succès du contrat nouvelles embauches ?

Quand une offre d’emploi arrive à l’agence, c’est un contrat à durée indéterminée (CDI) ou un contrat à durée déterminée (CDD), [le CNE -> rubrique étant un CDI. Plus de 40 % des offres d’emploi de l’agence sont des contrats durables (plus de six mois). Depuis le début de l’année, nous avons eu plus d’un million d’offres d’emplois durables (dont 750 000 CDI), soit une progression de 14 % par rapport à 2005.

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