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Philippe Ricard | Le Monde le 29.06.07.

M. Juncker invite à la modération salariale et s’indigne des "rémunérations sans borne" des patrons

vendredi 29 juin 2007 par Philippe Ricard

Jean-Claude Juncker, le président de l’Eurogroupe - l’instance réunissant les ministres des finances de la zone euro -, a procédé, mercredi 27 juin, à une nouvelle charge contre les écarts de salaires au sein de l’Union monétaire.

"Les salariés constatent qu’ils sont invités à la modération salariale alors que d’autres acteurs de la vie économique et sociale se voient attribuer des rémunérations sans borne et sans gêne", s’est indigné le premier ministre chrétien-démocrate du Luxembourg, lors d’une audition au Parlement européen à Bruxelles.

Compte tenu des "fautes, des erreurs, des dirigeants des grandes entreprises", estime-t-il, il est "impossible" d’inciter les syndicats à la modération. D’après lui, "les gens perdent patience".

M. Juncker a confirmé que les salaires seraient à l’ordre du jour d’une prochaine réunion avec les ministres des finances de la zone euro, en novembre.

Cette instance informelle s’est déjà intéressée au sujet en février. Elle ne dispose d’aucune prérogative pour demander aux partenaires sociaux de faire un geste sur les fiches de paie, mais elle avait invité la Commission à préparer une analyse approfondie sur cette question sensible.

"Avec la reprise économique, il est évident que le partage des fruits de la croissance retrouvée figurera au centre des préoccupations des gouvernements, des partenaires sociaux et des citoyens", avait alors expliqué le numéro un de l’Eurogroupe, et père de la réforme du pacte de stabilité et de croissance. Le même jour, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, avait appelé à la modération salariale pour limiter les pressions inflationnistes.

M. Juncker l’a répété mercredi : "Il est remarquable que la part des revenus salariaux dans le PIB (produit intérieur brut) de la zone euro ne cesse de diminuer", pour atteindre environ 66 % en 2006. D’après les experts bruxellois, une éventuelle détente sur le front des salaires serait d’autant plus délicate qu’elle risque de concerner les pays qui, à l’instar de l’Italie et de la France, ont un problème de compétitivité.

En revanche, les Allemands ont consenti "depuis dix ans à des sacrifices", a observé M. Juncker, à l’heure où la première économie de la zone retrouve son rôle de locomotive : "Nous ne pouvons pas dire aux salariés allemands de continuer à travailler et de se taire, alors que les grands dirigeants vont à la caisse ! Ça ne va plus !".

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