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Une dépèche AFP parue sur lemonde.fr le 9 décembre 2005

Malgré la baisse du chômage, le nombre de RMistes continue de progresser

vendredi 9 décembre 2005

e chômage baisse, mais le nombre d’allocataires du RMI a continué à progresser en 2005 pour s’établir à 1,243 million fin septembre, soit une augmentation de 5,2 % sur un an, selon les chiffres publiés, vendredi 9 décembre, par la Caisse nationale d’allocations familiales (CNAF). "C’est le signe même de la nécessité de la mobilisation (...), sur le plan économique et le plan social, pour lutter contre des situations face auxquelles nous ne pouvons pas baisser les bras", a commenté le premier ministre, Dominique de Villepin, lors d’un déplacement à Montreuil (Seine-Saint-Denis). "C’est tout le sens du plan d’urgence pour l’emploi que j’ai engagé. C’est le sens aussi des nouvelles mesures que je serai amené à annoncer au début de l’année prochaine pour développer l’activité et l’emploi", a-t-il assuré.

Alors que le chômage diminue depuis sept mois, avec 130 000 chômeurs de moins depuis avril, l’augmentation du nombre des RMIstes "semble surtout s’expliquer par celle du nombre de chômeurs non indemnisés et par la réduction du taux de couverture de l’indemnisation chômage", analyse la CNAF. Aujourd’hui, seulement 59,5 % des chômeurs sont indemnisés par le régime d’assurance-chômage, rappelle-t-elle. Rémi Jouan, secrétaire confédéral de la CFDT, s’était précisément inquiété fin novembre de "l’augmentation du nombre de RMistes" parallèle à la baisse du chômage. Pour la seule métropole, leur nombre a augmenté de 6,2 %, avec désormais 1,0428 million d’allocataires.

"40 % DE RMISTES COMPLÈTEMENT CASSÉS"

Créé en 1988, le RMI - qui s’élève à 425,40 euros pour un célibataire sans enfant et 893,34 euros pour un couple avec deux enfants - est versé par les caisses d’allocations familiales. Il s’agit d’une prestation décentralisée à la charge des départements, avec compensation de l’Etat.

Le ministre délégué aux collectivités territoriales, Brice Hortefeux, a récemment défendu une "culture du résultat" en matière d’insertion des bénéficiaires du RMI, indiquant que les fonds alloués aux départements seraient désormais attribués en fonction du nombre d’allocataires mais aussi du taux de retour à l’emploi de ceux-ci. "Le contrôle accru, le suivi social et professionnel des allocataires, les activités de débroussaillage ou d’accompagnement scolaire développées dans le Rhône doivent inspirer les autres départements", a-t-il indiqué.

Le nombre d’allocataires payés au titre du RMI et bénéficiant d’une mesure spécifique d’aide à l’emploi n’a pourtant augmenté que de 2,5 % en un an, à 145 500. Le projet de loi sur la réforme du RMI (et des autres minima sociaux), adopté mardi 6 décembre par l’Assemblée nationale, a notamment créé une "prime de retour à l’emploi" de 1 000 euros pour les bénéficiaires du RMI qui ont repris une activité professionnelle.

Le parcours pour revenir dans la vie active est difficile. Aujourd’hui, les allocataires du RMI peuvent se diviser en "trois catégories" : 30 % sont "des personnes très jeunes et très proches de l’emploi", 30 % ont besoin d’"un parcours d’insertion et de réadaptation", et "malheureusement 40 % d’hommes et de femmes sont complètement cassés sur le plan de leur intégrité physique et morale", souligne Claudy Lebreton, le président de l’Association des départements de France (ADF). Il faut "imaginer une nouvelle politique d’insertion sociale et professionnelle", a-t-il dit. Certains touchent le RMI depuis sa création, en 1988 : "on est sur un revenu minimum d’existence plutôt que d’insertion", résume M. Lebreton. Avec AFP

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