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François-Xavier Bourmaud | Le Figaro le 23/11/2007

Marché du travail : Les syndicats déçus par les propositions du Medef

vendredi 23 novembre 2007 par François-Xavier Bourmaud
Les partenaires sociaux se retrouvent aujourd’hui au siège du Medef pour une nouvelle séance de négociations. Les centrales ont reçu les nouvelles propositions du Medef sur la réforme du marché du travail. Elles déplorent que leurs propositions n’aient pas été suffisamment prises en compte.

JEAN-CLAUDE TRICHET s’invite dans la négociation sur la modernisation du marché du travail. Interrogé hier par la commission Attali sur la libération de la croissance, le président de la Banque centrale européenne a expliqué la persistance d’un taux de chômage élevé en France, beaucoup plus élevé que dans les autres pays européens, par la rigidité du marché du travail. « Nous considérons qu’il est important que l’on puisse se concentrer sur une très grande souplesse du marché du travail », a ainsi déclaré le président de la BCE.

Syndicats et patronat, qui se retrouvent aujourd’hui au siège du Medef pour une nouvelle séance de négociations sur le sujet, auront tout loisir de méditer les propos de Jean-Claude Trichet et essayer de faire avancer des discussions qui patinent un peu. Ou du moins qui ne laissent pas présager un accord avant la fin de l’année comme le souhaite le gouvernement. À lire le nouveau projet d’accord du Medef envoyé hier aux syndicats, certains négociateurs ne cachaient pas leur déception. « Il y a quelques modifications à la marge par rapport au dernier texte, mais nos demandes sur la sécurisation des parcours professionnels ont été très peu prises en compte », déplorait un négociateur.

Comme en écho aux propos de Jean-Claude Trichet, les propositions patronales s’articulent largement autour de l’assouplissement du marché du travail. Allongement des périodes d’essai avant l’embauche, possibilités de licencier plus simplement ou création d’un contrat de projet… autant de mesures que les syndicats refusent d’aborder si le camp patronal n’avance pas des contreparties. Or pour l’instant, les syndicats jugent les propositions du Medef largement insuffisantes. Comme celle, par exemple, de permettre aux salariés en fin de CDD de pouvoir bénéficier d’un contrat individuel de formation pour accélérer leur retour à l’emploi. Une proposition qui correspond à un engagement pris par le Medef… en décembre 2005. « Le Medef doit maintenant comprendre que ce n’est pas en modifiant le Code du travail que l’on modernisera le marché du travail et qu’il doit vraiment écouter nos propositions ou nous nous dirigeons tout droit vers un accord de façade », assène ce négociateur.

La « délibération sociale »

Côté patronal, la présidente du Medef, Laurence Parisot, semble avoir pris conscience de cette impatience qui commence à monter chez les syndicats. « Nous devons proposer des choses plus construites sur le parcours professionnel », reconnaissait-elle mercredi devant l’Association des journalistes économiques et financiers (Ajef), tout en ajoutant qu’il ne pourrait y avoir d’accord qu’à condition que « tout le monde accepte l’idée qu’il y ait plus de souplesse dans le contrat de travail ».

Or, si, jusqu’à présent, les négociations se sont plutôt bien déroulées, c’est aussi parce que les deux parties n’ont pas encore commencé à négocier franchement sur l’ensemble des points conflictuels. Après avoir élaboré un diagnostic commun sur le marché du travail pendant huit mois, dans le cadre de la « délibération sociale », après avoir négocié sur le sujet pendant trois mois, tout se passe comme si, de peur d’échouer, syndicats et patronats prenaient soin d’éviter d’aborder de front les difficultés.

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