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Un article de Marc Leras paru dans l’Humanité du 7 février 2005

Marseille : Le privé est présent

mardi 8 février 2005 par admin

« Trente-cinq heures, salaires, emplois, Code du travail : public, privé, solidarité ! » Les 50 000 personnes qui ont arpenté le pavé marseillais samedi après-midi, du Vieux- Port à la place Castellane, ont réellement fait vivre ce mot d’ordre d’unité. Alors que les premiers manifestants, des salariés en lutte de Nestlé et de Lustucru, venaient d’atteindre le terme du parcours, les derniers, des enseignants et des lycéens, ne l’avaient pas encore entamé.

« Nous sommes solidaires des mots d’ordre, mais nous sommes aussi dans la rue pour sauver notre usine et nos emplois », témoigne Jean-François Molina, délégué CGT de l’usine Nestlé de Saint-Menet, un quartier de Marseille, que la direction de la transnationale a décidé de fermer alors qu’elle est rentable. « Les pouvoirs publics ne nous écoutent pas, alors à chaque fois nous sommes de plus en plus nombreux dans la rue. Aujourd’hui, nous sommes tous ensemble pour lutter contre un véritable génocide de len France. L’action contre les délocalisations doit aussi déboucher sur un non à la constitution européenne. »

« Les patrons voyous bénéficient de la complicité du gouvernement », reprend Frédéric Arnaud, délégué CGT des Lustucru d’Arles, un site délocalisé après les crues du Rhône. « Les salariés ont voulu créer une coopérative ouvrière pour reprendre la production de riz, un projet viable que le préfet de région nous a refusé. Aujourd’hui, public ou privé, tout le monde est victime des forces de l’argent et dans le même bateau face à l’Europe et à la mondialisation. »

Autre représentant d’une grande entreprise régionale sur laquelle pèsent de lourds nuages de privatisation, Bernard Marti, des marins CGT de la SNCM, prévient : « Aujourd’hui, nous envoyons un signal au gouvernement. On va lutter très, très fort s’il ne comprend pas. Notre société est un service public que l’on peut soutenir, quoi qu’en dise Bruxelles. Une Europe ultralibérale ne peut pas décider partout pour tout le monde. Malheureusement, les politiques s’abritent derrière elle pour se dédouaner. »

Des journalistes dénonçant la précarisation de leur profession et la concentration dans les médias côtoient de jeunes salariés des plates-formes d’AMSE-AOL. « Les téléconseillers doivent faire face à une pression sur les salaires, à un turn-over qualifié d’« hygiénique » et à l’externalisation vers les pays du Maghreb notamment », explique Pierre-Édouard Thibaud, qui a mis plus d’un an à créer la section CGT de son entreprise. « Ces conditions de travail déplorables sont générales dans notre branche. »

Les salariés du privé de la région marseillaise ont profité de la perche que leur ont tendue ceux du public pour exprimer leur attachement aux 35 heures et à la Sécu, mais aussi pour alerter sur la dégradation générale des conditions de travail et de rémunération.

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