Liste des auteurs

Michel Samson | Le Monde le 16.02.2008

Marseille : fin de conflit difficile chez Carrefour

samedi 16 février 2008 par Michel Samson

Quinze jours de grève, avec piquet devant les entrées, deux procès, un gagné et un perdu, et pas grand-chose à se mettre sous la dent : les grévistes du Carrefour Grand Littoral de Marseille devaient décider de la poursuite, ou non, de leur mouvement, vendredi 15 février. Ils sont manifestement fatigués.

Délégué syndical CFDT, "bac + 2, 13 ans d’ancienneté et 1 050 euros net à la fin du mois", Smaïl Aït Atmane reprendrait même le travail en refusant "par fierté" les concessions de la direction. Le bénéfice tiré de ce conflit paraît en effet bien maigre aux yeux des grévistes de base, qui ont souvent poussé leurs représentants à poursuivre l’action.

Ils n’ont pas obtenu les 150 euros supplémentaires demandés sur des salaires que les syndicats situent plus près de 900 euros que de 1 000. Rien non plus sur les tickets repas, qu’ils voulaient à 5 euros au lieu de 3,05 euros. "Ils savaient que les discussions sur les rémunérations se font au niveau national", explique Jean-Pierre Guillot, directeur général de Carrefour en Provence, qui conteste les montants avancés par les syndicats. "Les salaires sont supérieurs à ceux des autres enseignes, 26 % au-dessus du smic pour une caissière après 6 mois de présence", précise-t-il, "sans compter l’intéressement, 1 123 euros cette année, par exemple".

"DAVID CONTRE GOLIATH"

L’essentiel des revendications ayant été renvoyé aux négociations nationales du 18 février, quelques améliorations locales ont été obtenues. Les grévistes - une petite centaine de salariés sur les 570 employés de l’hypermarché - voulaient que le magasin ferme durant l’hiver à 21 heures au lieu de 22 heures. La direction a tranché : ce sera 21 h 30.

Les temps partiels (9 heures par semaine seulement pour certains ; jusqu’à 24 heures pour d’autres) devraient être choisis plutôt que contraints - et en tout cas augmentés. Enfin, une subvention supplémentaire de 45 000 euros sera versée au comité d’entreprise pour ses activités culturelles ou de loisir, ce qui représente 80 euros par personne. Quant aux jours de grève, un sur 10 devrait être payé quand les grévistes en demandaient cinq.

Pour M. Aït Atmane, ce combat "c’est David contre Goliath : on se bat avec nos petits moyens contre des milliardaires, le 3e (groupe) du CAC 40".

Ce conflit a au moins permis aux candidats aux municipales de se faire entendre. Le vice-président de l’UMP, Jean-Claude Gaudin, s’est déclaré "solidaire des salariés". La socialiste Samia Ghali est venue leur dire : "Quand on voit que la France a les patrons les mieux payés d’Europe et que des caissières se battent pour une revalorisation de leur ticket restaurant de 1,50 euro, on se dit que quelque chose ne va pas." De maigres consolations...

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !