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Mauvais coups avec préméditation de la droite

jeudi 6 octobre 2005
La droite, qui domine l’Assemblée de Corse, prépare un renouvellement minimaliste de la délégation de service public.

Dépeçage ou liquidation ? À entendre les déclarations du ministre des Transports, voire du premier ministre lui-même, la seule alternative serait celle-là. À y regarder de plus près, l’affaire ressemble à la fable du chien que l’on veut tuer et que l’on accuse d’avoir la rage. Les élus du groupe communiste républicain et citoyen de l’Assemblée de Corse relèvent que l’exécutif de droite de cette instance travaille depuis pas mal de temps au cadre à partir duquel, en 2007, un appel d’offres doit avoir été renouvelé, conformément aux règles édictées par l’Union européenne en matière de concurrence dite libre et non faussée. Il semble que cet exécutif ait choisi, bien avant le conflit, la fuite en avant et opté pour un renouvellement minimaliste de la délégation de service public (DSP).

Selon ce scénario, la SNCM ainsi que la Compagnie méridionale de navigation (CMN) verraient leur capacité réduite à deux ou trois cargos mixtes, assurant, dans le cadre de cette DSP minimale, les besoins propres de la Corse pour le transport de fret et de passagers entre Marseille et Bastia-Ajaccio. L’essentiel du trafic passager, lié à l’activité touristique, serait alors totalement ouvert à la concurrence et laissé aux compagnies écrémeuses de trafic. Lesquelles, rappelons-le, sont déjà subventionnées sur l’enveloppe de continuité territoriale selon le dispositif d’aide au passager transporté : 10 millions d’euros de cadeaux en 2004.

Cette politique est jugée « désastreuse pour la desserte aérienne et maritime de la Corse » par Michel Stefani, conseiller territorial communiste chargé du dossier, qui ajoute : « Plutôt que de l’abandonner, le gouvernement et l’exécutif de droite de l’Assemblée corse préfèrent présenter l’addition aux salariés de la SNCM en réduisant le service public à sa plus simple expression, le gain escompté, de quelque 50 millions d’euros sur les 173 millions d’euros de l’enveloppe de continuité territoriale, serait ainsi obtenu au prix d’un sinistre économique et social pour la Corse et pour la région PACA ». Ce scénario catastrophe est déjà caduc : le gouvernement a choisi d’aller encore plus loin avec la privatisation. Selon les élus communistes, il est aujourd’hui de la responsabilité de l’État, toujours actionnaire majoritaire de la SNCM et en principe (ainsi qu’en droit) garant des principes républicains qui fondent l’unité et la solidarité nationales, de permettre la recapitalisation de la société dans les conditions préconisées par le comité d’entreprise. Pour cela, il faut renoncer à la privatisation et l’Assemblée de Corse doit élaborer une délégation de service public supérieure à la précédente en obligation de service public. C’est la seule façon, affirment-ils, de maintenir une véritable continuité territoriale entre le continent et la Corse. Une continuité obtenue en 1975 après des années de luttes, qu’il s’agirait désormais de passer à la moulinette au nom de la concurrence. Des obligations de service public en termes de qualité, de régularité, de service universel rendu quel que soit le port, et de sécurité ? De quoi effrayer sans aucun doute les compagnies comme Corsica Ferries ou les fonds de pension venus à seule fin de rentabilité financière.

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