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Article de Bruno Odent paru dans L’Humanité du 6 octobre 2006

Merkel réforme la santé

vendredi 6 octobre 2006 par Bruno Odent
Allemagne . Les deux partis de la grande coalition s’accordent sur un texte qui évite, face à une opinion rétive, une trop brutale libéralisation.

Les deux partis de la grande coalition dirigée par la chancelière Angela Merkel ont trouvé un compromis dans la nuit de mercredi à jeudi sur la réforme du système de santé. Depuis plusieurs semaines la question était l’objet de passes d’armes entre la droite chrétienne démocrate (CDU) et le parti social-démocrate (SPD). Au point de susciter moult spéculations sur la pérennité de l’alliance gouvernementale. D’accord l’un et l’autre sur la poursuite des réformes inscrites sur le fameux agenda de Gerhard Schröder, le précédent chancelier, les deux partis s’affrontaient avec force sur les modalités d’une réorganisation du système.

« L’accord vise à une réforme en profondeur », s’est félicité Angela Merkel. Le président du SPD, Kurt Beck, a fait part lui aussi de sa satisfaction. Et un projet de loi devrait être établi dans les jours qui viennent. La réforme vise principalement à combler l’énorme déficit des différentes caisses publiques d’assurance maladie sans déroger à la volonté d’alléger les cotisations versées par les entreprises sous couvert de « renforcer leur compétitivité ». Le principe du financement paritaire (cotisation du même montant des patrons et des employés), déjà écorné par le gouvernement SPD-Verts, le sera encore un peu plus.

Les cotisations seront en effet versées à un fonds commun qui se chargera de transférer ensuite la ressource, en parts équitables, vers les caisses légales. Mais à charge pour celles-ci de demander aux seuls salariés cotisants un versement supplémentaire s’ils entendent bénéficier de meilleures prestations. « Une plus grande concurrence » devrait être ainsi organisée entre les différentes caisses, précise le texte. Ce qui pourrait évidemment enclencher, à terme, une logique de privatisation du système.

Le bras de fer entre les deux partis de la coalition portait essentiellement sur le montant du versement supplémentaire que les caisses vont être autorisées à prélever. La CDU entendait plutôt le laisser à l’appréciation libre des différentes caisses, quand le SPD exigeait qu’il soit « plafonné » pour éviter l’irruption d’un système à plusieurs vitesses. Finalement les versements supplémentaires seront plafonnés à 1 % des revenus des salariés. Il reste qu’à terme ces dispositions, qui devraient entrer en vigueur à partir de 2008, n’en constituent pas moins de vraies bombes à retardement pour le système public.

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