Liste des auteurs

Article de Lucy Bateman paru dans L’Humanité du 3 novembre 2005

Métallurgie Répression antigrève chez Rencast

jeudi 3 novembre 2005 par Lucy Bateman
Une grève mobilise 90 % des ouvriers de la fonderie de Reyrieux, dans l’Ain. La direction menace de licencier treize grévistes et l’équipe de la CGT.

La CGT (majoritaire) et la CFDT de l’usine Rencast de Reyrieux, dans l’Ain, organisent ce matin un rassemblement devant l’usine. Avec le soutien de leurs unions départementales, les syndicats protestent contre les méthodes de la direction du site, une fonderie d’aluminium qui emploie 180 personnes, dont une centaine d’ouvriers. Alors que 90 % du personnel de production est en grève depuis un mois pour les conditions de travail et les salaires, la direction a choisi les grands moyens pour remettre les salariés au travail. Six grévistes ont fait l’objet d’une mise à pied conservatoire en vue d’un licenciement, explique Gaëtan Cornut-Chauvinc, délégué syndical CGT. Sept autres, soit « toute l’équipe de la CGT », ont reçu lundi une convocation pour un entretien préalable au licenciement. Enfin, 18 autres salariés ont été convoqués par la gendarmerie pour être entendus dans le cadre d’une plainte pour entrave à la liberté du travail.

« Les premiers salariés sanctionnés sont de bons éléments, qui n’ont rien à se reprocher, explique le syndicaliste. On s’attaque à eux, ou aux délégués qui sont en principe protégés, pour faire peur aux autres. Ça n’a pas marché parce que la mobilisation n’a pas faibli, mais les salariés se posent des questions sur le droit de grève. » Charly Lecoq, le directeur des ressources humaines du groupe Rencast, dont le siège est à Bron, dans le Rhône, a confirmé à l’AFP les sanctions décrites par les syndicats. La direction reproche aux grévistes des « entraves caractérisées au droit du travail, des insultes, des menaces de mort, des dégradations, et l’arrêt des machines sans respecter les normes de sécurité », le tout constaté par huissier, assène le DRH. Qui a également pris l’initiative de faire venir de Bron des cadres pour remplacer les ouvriers grévistes sur leurs machines. « Et le résultat n’est pas brillant », soupire un syndicaliste.

« Notre grève est pacifique, proteste Gaëtan Cornut-Chauvinc. Nous n’empêchons personne de travailler, ni les non-grévistes ni les cadres de Bron, même si leur présence est entourée d’un flou juridique. Nous voulons seulement voir leur contrat de travail, qu’ils refusent de montrer, pour vérifier si leur clause de mobilité les autorise à occuper des postes d’opérateurs. »

La grève a commencé sur des revendications salariales, « mais surtout pour les conditions de travail, le respect et la dignité des salariés », indique Gaëtan Cornut-Chauvinc. Depuis le rachat de l’usine à Valfond par Rencast, début 2004, « nous avons subi une délocalisation d’une partie de la production, puis du chômage partiel, et enfin des licenciements économiques. En avril 2005, la direction nous a imposé le - passage de 35 à 38 heures payées 35, la perte de salaire devant être compensée en partie par les primes. Mais nous avons perdu plus de salaire que prévu ». La direction « joue l’enlisement, et veut nous écarter du sujet principal, le cahier de revendications. D’ailleurs, aujourd’hui, les collègues parlent plus des salariés licenciés que des conditions de travail. Si la grève se solde par la levée des sanctions et le sauvetage des 13 licenciés, ce sera loin d’être une victoire ».

Hier, à l’issue du long week-end de la Toussaint, aucun gréviste n’avait abandonné le mouvement.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !