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Alexandra Chaignon | L’Humanité du 21.02.2008

Miko : bras de fer entre la direction et les syndicats

vendredi 22 février 2008 par Alexandra Chaignon
Agroalimentaire . La direction du groupe refuse les propositions alternatives de la CGT et de FO pour la sauvegarde du site de Saint-Dizier.

Pour l’instant, c’est l’impasse totale. Les discussions qui ont eu lieu ces derniers jours entre la direction de Miko (groupe Unilever) et les syndicats sur le plan de restructuration de l’usine de Saint-Dizier (Haute-Marne) n’ont toujours pas permis d’aboutir à un accord. Cette réorganisation prévoit la suppression d’environ 250 emplois sur 493 d’ici juillet 2008, ainsi que la fermeture de plusieurs lignes de production de crèmes glacées.

Campant sur ses positions, la direction refuse les propositions alternatives de la CGT et de FO pour la pérennité du site : investissements dans une ligne pour produire des cônes, modernisation d’autres lignes, augmentation des volumes de production, rapatriement des productions déjà transférées à l’étranger, sans oublier un veto au plan de casse de l’emploi. Le projet n’est pas « crédible » selon les responsables de Miko, qui soulignent le recul du chiffre d’affaires de l’activité glaces. Durant ces séances de discussion, ils se sont donc bornés à évoquer les mesures sociales d’accompagnement ainsi que l’enveloppe allouée au plan social. Selon eux, les indemnités de licenciement seraient cinq à huit fois supérieures à ce que prévoit la convention collective du secteur. Un chiffre jugé « hypothétique » par la CGT et FO.

Hormis la CFDT, qui veut pousser la négociation jusqu’au bout, les autres syndicats restent donc en totale opposition avec cette ligne de conduite. « La direction ne bouge pas d’un iota et avance des arguments économiques », déplore Bruno Thyes, délégué FO. « La direction de Miko cherche à faire du forcing, analyse pour sa part Philippe Peuchot, secrétaire fédéral de la CGT agroalimentaire (Fnaf). « Ce qui se passe à l’usine de Saint-Dizier, c’est le début d’une casse de l’emploi en France dans le groupe. C’est la première, mais certainement pas la dernière. Unilever cherche donc à peaufiner son plan social pour mieux appréhender les prochains sur les autres sites. Mais il ne s’attendait pas à faire face à une telle résistance. »

En attendant, l’usine de Saint-Dizier est toujours bloquée. Rien ne sort des ateliers de production. Le bras de fer se poursuit donc. Mais selon plusieurs sources syndicales, Miko souhaiterait achever les négociations sur le plan social dès le 25 février, ce que confirmerait la tenue d’une assemblée du personnel aujourd’hui. De leur côté, la CGT et FO devaient rencontrer le préfet, avant d’organiser à leur tour une assemblée demain pour « faire le point de la situation et annoncer la poursuite d’actions ».

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