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Christelle Chabaud | L’Humanité du 5 mai 2007

Monoprix refuse de passer à la caisse

samedi 5 mai 2007 par Christelle Chabaud
Commerce . Mécontents de l’écart entre l’augmentation des salaires et les bénéfices de l’entreprise, les salariés ont débrayé hier à Paris et en province.

« Houzé, par ici, assieds-toi et négocie ! » ont scandé quelques dizaines de grévistes hier matin devant le Monoprix-Bièvre à Paris, en appelant le PDG du groupe à appliquer des augmentations de salaires à la hauteur des résultats annuels. Car, lors d’un gala annuel ponctué par une prestation de l’humoriste Gad Elmaleh, le PDG Philippe Houzé s’est lui-même félicité des bénéfices réalisés en 2006 par Monoprix : « le chiffre d’affaires a progressé de 6,9 % [...] et nous avons accéléré la croissance grâce aux nouvelles ouvertures de magasins et aux nouveaux concepts, d’où une augmentation du résultat opérationnel courant de 18,6 % ». Mais « une nouvelle fois, les salariés récupèrent les miettes » critique la syndicaliste CFDT Patricia Virfolet. En clair, la direction concède l’obtention de tickets restaurants de 4,60 euros par jour, une augmentation générale de 2 % et une prime individuelle de 0,5 % en octobre 2007 attribuée aux employés distingués par leurs supérieurs. « Avec 52 % des salariés à temps partiel chez Monoprix et des rémunérations qui oscillent entre 800 et 1 000 euros, ça fait des - augmentations de 15 euros, pas plus ! » L’intersyndicale CFDT-CGT-CFE-CGC-CFTC-FO exige une augmentation collective de 8 %.

« On pourra peut-être vous augmenter mais après la présidentielle, pas avant », aurait prévenu la DRH de Monoprix, Catherine Djunbushian, lors des négociations annuelles obligatoires sur les salaires. Une petite phrase qui a fini de piquer au vif les salariés. Comme Manon par exemple qui travaille dans un Monoprix du 13e arrondissement parisien depuis 1996. « Sarkozy et "son travailler plus pour gagner plus" C’est pas crédible... Moi, je suis à temps complet, je suis obligée de faire des heures sup car on est en sous-effectif, mais Monop me les paie jamais ! Quand je les demande à mon chef, il me rigole au nez. » Bardée d’un drapeau CFDT, une vieille dame s’approche. « Je sais pas trop... Si ça peut faire gagner plus aux gens, pourquoi pas ? Moi je viens de partir à la retraite mais en 40 ans de carrière j’ai divisé par trois mon pouvoir d’achat » ! Un petit cercle se forme à l’entrée du magasin, chacun a son mot à dire. Manon reprend la parole : « Justement ce sont les salaires qu’il faut augmenter, pas les heures de travail ! Je n’ai déjà plus le droit de faire une pause dans la journée, t’imagines si tout le monde devient corvéable à merci, qu’on travaille une fois la nuit, une fois 40 heures, une fois le dimanche... Les patrons n’auront même plus besoin d’embaucher et il y aura encore plus de chômage ! »

Si, selon la direction, seuls 31 magasins ont été touchés hier par le mouvement, la CFDT a évoqué la participation de près d’« un magasin sur deux », avec une forte participation en région parisienne où près de huit supermarchés se sont joints au mouvement. En province, la grève a notamment été suivie à Ajaccio, Caen, Colmar, Vannes, Rouen et Annecy où les deux tiers des employés ont débrayé. Enfin, à Rennes, la grève a abouti à un défilé en soutien à deux caissières CGT mises à pied pour « erreurs de caisse ».

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