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Pierre-Henri Lab, Ludovic Tomas , Philippe Jérôme | L’Humanité le 30.11.2007

Négociations sur les Retraites point au 30 novembre 2007

samedi 1er décembre 2007 par Pierre-Henri Lab, Philippe Jérôme, Ludovic Tomas

SNCF, les syndicats mécontents

Les fédérations, qui accusent la direction de ne pas respecter ses engagements, appellent à des rassemblements le 6 décembre.

À l’issue de la première table ronde de négociation tripartite (État, direction de l’entreprise et organisations syndicales) qui s’est déroulée hier au siège de la SNCF, les fédérations de cheminots ont affiché quasi unanimement leur mécontentement. À l’exception de la FGAAC, qui a relevé « quelques petites avancées », les syndicats ont estimé, à l’instar de la CGT, que « le compte n’y est pas ». Ils reprochent à la direction de « n’avoir pas mis sur la table de mesures concrètes », en particulier en matière de revalorisation salariale. Pire, ils l’accusent d’être revenue sur des engagements pris par la présidente Anne-Marie Idrac dans son courrier adressé à l’ensemble des agents et réaffirmés lors de la première séance de négociation le 21 novembre dernier. Philippe Francin, conseiller national de la CFE-CGC, affirme ainsi que « l’engagement de déblocage de la grille salariale n’est pas respecté ».

L’attitude de la direction a provoqué la colère des organisations syndicales. Le secrétaire général de FO, Éric Falempin, a jugé « catastrophique » le bilan de cette première table ronde. « L’entreprise ne respecte pas ses engagements. C’est toute la pratique contractuelle qui est remise en cause, les cheminots vont être déçus », a-t-il insisté. La CFDT et la CFE-CGC qui avaient engagé, avant la suspension de la grève, des négociations avec la direction, ne se montrent pas plus tendres. Visiblement agacé, le secrétaire général de la CFDT, Arnaud Morvan, a fait part de sa « stupéfaction » devant « une direction qui renie ses engagements ». « Si cela continue comme ça, je me demande si ça ne va pas éclater bien avant le 20 décembre (date du préavis de grève déposé par la fédération cédétiste - NDLR) », a-t-il prévenu. « La direction semble ignorer que la grève n’est que suspendue et qu’elle peut reprendre à tout instant », a confié André Provensal, secrétaire national de la CFE-CGC. SUD rail a exigé, pour sa part, que « la SNCF fasse rapidement de vraies propositions ». Le secrétaire fédéral de la CGT, Laurent Russeil, qui a précisé que sa fédération « allait rendre compte aux cheminots de la table ronde », a invité la direction à changer d’attitude d’ici le 4 décembre, date de la prochaine séance de négociation. En attendant, il a prévenu que « les rassemblements du 4 décembre (à l’initiative de la CGT, l’UNSA, la CFE-CGC, la CFDT, FO et la CFTC) sont plus que jamais à l’ordre du jour ».


« On négocie des dates plus que des mesures »

Les négociations tripartites à la RATP semblent prendre un mauvais chemin. La CGT dénonce un alignement pur et simple sur le régime de la fonction publique.

On se croirait en temps de grève. « Cela avance tout doucement », euphémise Jean-Louis Mousset, de la CFDT. À l’ordre du jour de cette troisième table ronde entre la direction de la RATP, les représentants de l’État et les organisations syndicales : les modalités de validation des trimestres dans le cadre de la réforme des régimes spéciaux. Pour les syndicats, il s’agissait essentiellement d’obtenir « la prise en compte intégrale de tout ce qui constitue une carrière », explique Jacques Eliez, porte-parole de la CGT RATP.

Parmi les éléments avancés pour limiter les conséquences d’un report du départ à la retraite, le traitement des cessations progressives d’activité et des comptes épargne temps en fin de carrière ou encore le rachat des années d’étude après bac + 2. Sur ce dernier point, la proposition du gouvernement se limite à « une mesure catégorielle très onéreuse », constate Jacques Eliez (CGT) puisque le rachat d’une annuité s’élèverait à 30 000 euros. La seule porte entrouverte concerne, selon Jean-Louis Mousset (CFDT), « le rachat des années d’apprentissage » puisque cette possibilité « n’avait pas été prévue au départ ».

Dans l’ensemble, « il n’y a pas beaucoup d’avancées. La plupart du temps, le gouvernement a opposé une fin de non-recevoir », regrette le porte-parole de la CGT, constatant un simple « alignement général du régime spécial sur celui de la fonction publique. Le champ des négociations est réduit à la marge. Il n’est question que d’adaptations techniques et de calendrier n’ayant pour but la seule mise en phase des protocoles existants avec la réforme Sarkozy-Fillon-Bertrand. On négocie des dates plus que des mesures », conclut-il.

Pour les représentants du syndicat SUD, présents au seul titre d’observateur, il n’y a toujours « rien à négocier », les salariés concernés ne réclamant rien d’autre que « le retrait pur et simple de la réforme des régimes spéciaux ». Alors que les discussions patinent également à la SNCF ou ont été suspendues dans le secteur de l’énergie, la CGT RATP a prévenu qu’elle ferait connaître son appréciation globale des négociations dès la fin du calendrier fixé et à partir de l’ensemble des éléments qui en ressortiront. Sans exclure de faire de nouveau valoir le rapport de force, y compris à travers la mobilisation.


Points de vue

Olivier Zukauskas, secrétaire général CGT, centre EDF-DF de NICE

Tous les agents sont informés du déroulé des négociations car nous recevons régulièrement un journal élaboré par la fédération CGT mines et énergie que nous répercutons soit par Internet soit en le reproduisant sur papier, que nous diffusons dans tous les services. C’est ainsi que par le nº 7 de ce journal nous avons appris que l’intersyndicale avait interrompu les négociations qui ne sont donc pas très bien engagées car, visiblement, les directions ont imposé leur calendrier et restent sourdes aux messages envoyés par les personnels à ldes récentes journées d’actions, et notamment celle du 20 novembre, avec une manif particulièrement bien réussie à Nice. Depuis, nous avons réuni trois assemblées générales d’où il est ressorti que les agents craignent de se faire rouler dans la farine et sont donc prêts à se mobiliser et à passer de nouveau à l’action si les négociations piétinent ou ne débouchent sur rien. C’est pourquoi si l’intersyndicale juge bon de ne pas reprendre les discussions le 4 décembre prochain face à des directions qui n’ont aucune proposition sérieuse, comme c’est le cas jusqu’à présent, alors le 6 décembre il y aura une journée d’actions qui sera sans doute très fortement suivie. Les tentatives d’intimidation des directions n’y changeront rien, en témoigne ce qui s’est passé chez nous depuis le 20 novembre :

un agent qui aurait sorti un véhicule de l’entreprise pour participer à la manif, comme nous le faisons depuis toujours, est convoqué pour un entretien préalable.

Il ira avec, en main, une liste d’une première centaine de collègues qui déclarent avoir ce jour-là conduit, eux aussi, un tel véhicule…

Recueilli par Philippe Jérôme

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