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Un article de. F. D.paru dans l’Humanité le 24 aout 2005

Nestlé Marseille : Redémarrage ordonné

mercredi 24 août 2005 par Fanny Doumayrou
Pour la justice, Nestlé doit maintenir l’activité de l’usine de Saint-Menet tant que la procédure de consultation sur les licenciements se poursuit.

C’est une « décision exceptionnelle », se félicite Patrick Candela, délégué syndical CGT de l’usine Nestlé de Saint-Menet (Bouches-du-Rhône), qui emploie 427 personnes. Hier, le tribunal de grande instance (TGI) de Marseille, saisi en référé, a donné raison aux salariés en condamnant Nestlé, sous astreinte de 50 000 euros par jour, à redémarrer la production du site, tant que la procédure d’information-consultation sur le plan de licenciements ne sera pas terminée. Autrement dit, la justice met en échec la stratégie de la direction consistant à anticiper sur l’issue de la procédure, pour gagner du temps et donner l’impression que la fermeture est irréversible.

L’affaire s’inscrit dans la bataille acharnée des salariés pour s’opposer à la fermeture de leur usine, annoncée par la direction du groupe fin mai 2004. Le 22 juin dernier, la justice a d’abord donné raison à la direction. Celle-ci s’est alors crue autorisée à arrêter la production. En réaction, les salariés ont occupé le site, ce qui leur a valu une assignation en référé. Le 4 juillet, le TGI de Marseille leur a ordonné d’évacuer les lieux. Mais en même temps, il a condamné la direction à rétablir le fonctionnement « normal » de l’établissement de Saint-Menet jusqu’à parfait achèvement de la procédure du livre III. Une nouvelle bataille s’est alors engagée autour de l’interprétation de cette décision.

« La direction a voulu vider de son sens la décision du 4 juillet, dénonce Patrick Candela. Elle nous a mis en congés ou consignés à domicile. Pour s’opposer à ces plans, les salariés se sont organisés. Deux cents en juillet, puis cent en août, ont continué à venir à leur poste de travail et ont empêché la sortie des camions pleins de produits finis. » C’est pour mettre fin à cette opposition que Nestlé a finalement lancé une « requête en interprétation » pour que le tribunal précise la décision du 4 juillet. « La direction pensait que la justice lui donnerait raison, mais le juge a au contraire confirmé que le fonctionnement normal signifie redémarrage de la production ! » se réjouit Patrick Candela. Hier, la direction de Nestlé France s’est « réservé le droit de faire appel de cette décision ». Mais en attendant, elle a annoncé une reprise de la production dès le lundi 5 septembre, après nettoyage des installations et réunion d’information du personnel le 29 août. « Nous serons très vigilants sur l’application de cette décision », a déclaré à l’AFP Joël Budanic, représentant CGT au comité central d’entreprise, qui a lancé un appel aux autorités de Nestlé en Suisse pour qu’elles lèvent leur veto à tout projet de reprise industrielle du site, ce qui reste la « priorité » des salariés

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