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Un article de Christelle Chabaud paru dans l’Humanité du 30 juillet 2005

Nestlé s’invite chez Larcher

samedi 30 juillet 2005 par Christelle Chabaud

À coup sûr, « le monstre de Vevey », comme est désormais surnommée la multinationale suisse dans les alentours de Marseille, ne s’attendait pas à passer un été aussi agité. Après un mois de juillet durant lequel la direction de Nestlé a vu à deux reprises ses plans contredits par la justice, une délégation de salariés a été reçue mercredi après-midi par Gérard Larcher, ministre délégué à l’Emploi, pour évoquer le sort de l’usine Nestlé Saint-Menet de Marseille. Accompagnés pour l’occasion par Michel Vauzelle, président de la région PACA, et Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, les représentants syndiquaux de l’usine de Saint-Menet ont présenté leurs propositions. « Nous sommes satisfaits, mais pas entièrement », résume Patrick Candela, secrétaire CGT du comité d’entreprise, à l’issue de l’entrevue. « Le ministre s’est certes engagé à mettre tous les services de l’État à disposition pour étudier notre projet alternatif de reprise de l’usine avec maintien de 350 des 427 emplois, mais le gouvernement doit se montrer beaucoup plus ferme lorsqu’une entreprise, aussi puissante qu’elle soit, n’applique pas la législation française. » Autre motif d’insatisfaction syndicale, Gérard Larcher ne s’est pas prononcé sur la demande répétée d’organiser une table ronde tripartite avec Dominique de Villepin, la direction suisse du groupe Nestlé et les représentants des salariés.

la rage au ventre

Au grand dam de la multinationale suisse, la mobilisation populaire ne faiblit pas, au contraire. « Si nous avons réussi aujourd’hui à placer l’avenir de l’usine parmi les dossiers des plus hauts responsables de l’État, c’est avant tout grâce à la formidable action de l’ensemble des salariés », clame Patrick Candela, craignant des récupérations politiques suite aux timides avancées du dossier. « Les employés se battent la rage au ventre pour garder une activité à Saint-Menet. Plus de 200 d’entre eux ont ainsi passé leur mois de juillet à venir tous les jours à cinq heures du matin afin d’inciter la direction à redémarrer les lignes de production. Vu de loin, cela peut paraître ubuesque que des salariés refusent leur mise en congés payés, mais c’est assez représentatif de l’état d’esprit ! » Prochain rendez-vous fixé le 16 août : le TGI d’Aix-en-Provence se prononcera alors sur l’appel déposé par les salariés contre le feu vert accordé par la justice le 22 juin pour fermer le site.

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