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Philippe Ridet | Le Monde édition du 01.07.07.

Nicolas Sarkozy assure le service après-vente du "travailler plus"

dimanche 1er juillet 2007 par Philippe Ridet
Retour aux fondamentaux. Le slogan "travailler plus pour gagner plus" s’est transformé en projet de loi "en faveur de l’emploi, du travail et du pouvoir d’achat" qui sera examiné en commission à l’Assemblée nationale, à partir du mercredi 4 juillet. Et Nicolas Sarkozy, en visite vendredi 29 juin à Lyon, a éprouvé le besoin de revenir aux idées simples de sa campagne.

Visitant un chantier de construction, il a saisi l’occasion d’un petit meeting devant les maçons de la société Fontanel pour en revenir sur le "travail qui libère" et vanter la défiscalisation et la détaxation des heures supplémentaires.

Sur la petite tribune dressée dans une pièce de béton brut où le président de la République a pris place, les dirigeants de l’entreprise, les élus locaux (Dominique Perben, député UMP du Rhône, et Gérard Collomb, maire PS de Lyon) et la ministre de l’économie Christine Lagarde se tassent. Le chef de l’Etat harangue : "Inutile de réinventer le fil à couper le beurre. Toutes ces théories économiques... moi-même, parfois je suis un peu perdu. Ce que je veux c’est que les choses marchent."

Alors que le nombre de chômeurs est passé pour la première fois depuis vingt-quatre ans sous les deux millions, il lance : "C’est encore trop haut ! Mais on va y arriver. Il n’y a aucune raison que les autres réussissent et nous non." Il fustige à nouveau les 35 heures, "synonyme d’échec" : "Travaillez plus pour gagner plus, voilà la martingale gagnante."

A ceux qui s’étonneraient de le voir dans un tel lieu, il rétorque sous les applaudissements : "Un président ne fait pas qu’aller dans les sommets internationaux. On dit de moi : "Il s’occupe de tout." Mais je n’ai pas été élu pour m’occuper de rien !" Au passage, il vante son "travail d’équipe avec François Fillon". Explique : "Quand il y a un problème, j’essaye d’aider. Celui qui entraîne l’équipe ne doit pas se tenir derrière, bien au chaud." Justifie les ratés, comme le projet de loi sur les universités : "Tout ne peut pas être réussi du premier coup. Ce que veulent les Français, c’est qu’on essaye."

Omniprésent et content de l’être, il prévient : "Pendant cinq ans, je continuerai à aller sur le terrain, pour donner, psychologiquement, de l’énergie et de la confiance."

Mais, déjà, un nouveau problème surgit. Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale, vient d’annoncer sans ambages la suppression de 10 000 postes en 2008. M. Sarkozy recadre : "Je veux qu’on parle des choses de façon cohérente et articulée." Avertissement sans frais.

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