Liste des auteurs

LEMONDE.FR avec Reuters | 02.04.07

Nouvelle chute du prix de la tonne de CO2 : les quotas de l’UE sont trop importants

lundi 2 avril 2007

La plupart des pays de l’Union européenne semblent avoir distribué trop de quotas d’émission de gaz carbonique en 2006, mettant en danger l’avenir du mécanisme européen d’échange des droits à polluer. Après la publication, lundi 2 avril, par la Commission européenne des bilans des bourses d’échange de ces droits d’émission, la valeur de la tonne de gaz carbonique (le CO2, principal gaz à effet de serre) s’est une nouvelle fois effondrée, à 95 centimes à la mi-journée. Elle valait plus de 22 euros en janvier 2006.

Même si la Commission européenne a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait que de chiffres préliminaires sujets à révision, une tendance nette se dessine : comme en 2005, les Etats membres de l’UE se sont montrés trop généreux avec leurs entreprises. Seuls la Grande-Bretagne et l’Espagne ont distribué des quotas inférieurs à leurs émissions de CO2 de 2005.

Huit grands pays européens se retrouvent dans la situation inverse. La France, l’Allemagne, la Pologne, l’Italie, la République tchèque et les Pays-Bas ont au total émis 1,56 milliard de tonnes de CO2 en 2006, alors que les quotas s’élevaient à 1,63 milliard de tonnes, soit 71 millions de tonnes de plus. Les émissions de gaz carbonique de la France se sont élevées à 118 millions de tonnes en 2006, à comparer à un quota de 150 millions de tonnes.

BRUXELLES SE BAT POUR FAIRE RÉDUIRE CES QUOTAS

Le prix de la tonne de CO2 perdait un tiers de sa valeur lundi à mi-journée, à 95 centimes, un prix jugé très insuffisant pour inciter les entreprises à réduire leurs émissions plutôt que d’acheter des droits à polluer. C’est tout le système de bourse d’échange des droits qui paraît menacé, au moment où l’UE souhaite étendre à la planète entière ce mécanisme qu’elle considère comme un des meilleurs outils pour lutter contre le changement climatique.

Dans ce système, chaque installation se voit attribuer un quota et peut vendre toute tonne de CO2 qui n’est pas émise sur la bourse européenne d’échange de droits à polluer, l’objectif étant d’encourager les comportements vertueux.

L’effondrement du cours de la tonne de CO2 donne raison à la Commission européenne, qui se bat avec les Etats membres pour réduire les quotas qu’ils allouent à leurs installations dans leurs plans nationaux d’allocation (PNA) pour 2008-2012.

Paris avait, par exemple, présenté un PNA qui prévoyait un plafond annuel d’émissions de 155,6 millions de tonnes de CO2, un chiffre équivalent à ce qu’il était en 2005-2007, avant de le retirer devant le risque d’être censuré par Bruxelles.

Le nouveau plan, qui prévoit un maximum annuel de 132,8 millions de tonnes pour 2008-2012, a été approuvé le 26 mars par la Commission. Mais les données publiées lundi semblent prouver que ce chiffre est encore trop élevé par rapport aux besoins, puisque la France n’a apparemment émis que 118 millions de tonnes de CO2 en 2006.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !