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LEMONDE.FR | 09.03.05

Nouvelle flambée du brut à Londres et New York

jeudi 10 mars 2005

es prix du pétrole ont atteint un nouveau record mardi 8 mars à Londres et ont continué de progresser à New York, soutenus par le froid, la faiblesse du dollar, les perspectives d’un maintien de la production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et les inquiétudes sur le Proche-Orient après un discours du président Bush.

A Londres, le baril de brent de la mer du Nord a établi un record à 53,30 dollars, avant de finir sur un gain de 75 cents, à 52,84 dollars.

Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de light sweet crude pour livraison en avril a clôturé à 54,59 dollars, en hausse de 70 cents. Il s’était hissé jusqu’à 55,15 dollars en fin de séance, non loin de son record historique inscrit le 25 octobre, à 55,67 dollars.

"Il y a eu des commentaire de George Bush jugés assez agressifs envers certains pays du Proche-Orient, dont l’Iran et la Syrie", a relevé Tony Machacek, opérateur à la maison de courtage Bache Financial. "Cela a ravivé les inquiétudes sur l’instabilité au Proche-Orient."

Le président américain, George W. Bush, a averti, mardi, Damas et Téhéran d’"arrêter d’utiliser le meurtre comme outil politique et de mettre fin à tout soutien au terrorisme", et il a enjoint aux troupes syriennes de quitter le Liban avant les élections du printemps.

"On dirait des menaces", a observé, de son côté, Donald Luke, analyste de Fimat. "Si nous (les Etats-Unis) allons au Liban, cela soutiendrait le prix du pétrole, mais je ne pense pas que cela soit une possibilité pour le moment", a-t-il ajouté.

L’Iran est considéré comme le numéro deux de l’OPEP, avec une production d’environ 3,7 millions de barils par jour. La Syrie est un bien plus petit producteur de pétrole, fournissant moins de 500 000 barils par jour, mais sa situation géographique, notamment sa proximité avec l’Irak, inquiète les investisseurs.

Par ailleurs, d’après Phil Flynn, courtier chez Alaron Trading, l’envolée des cours s’explique aussi par la décision de Royal Dutch Shell de fermer sa plate-forme de Draugen, sur le principal gisement pétrolier norvégien, en raison d’une fuite limitée de condensat, une forme très légère de pétrole.

La production sur cette plate-forme, qui fournit 120 000 barils par jour, ne devrait pas reprendre avant plusieurs jours, selon un porte-parole du groupe.

PAS D’AUGMENTATION DE LA PRODUCTION DE L’OPEP

Phil Flynn estime que de récentes déclarations saoudiennes selon lesquelles l’OPEP estime qu’il n’y a pas de pénurie, suggérant ainsi implicitement un maintien de la production lors de sa prochaine réunion du 16 mars à Ispahan (Iran), ont contribué à soutenir la tendance. "Si quelqu’un avait encore un espoir que l’OPEP augmente sa production, ces déclarations l’ont balayé", a souligné M. Flynn.

Celui-ci a également estimé que la faiblesse du dollar "donne à l’OPEP l’excuse dont elle a besoin pour ne pas augmenter la production". "Elle peut rejeter la responsabilité de la hausse des prix sur le dollar et non sur l’insuffisance de la production", a expliqué le courtier.

Ultime facteur soutenant les cours, les analystes prévoient un nouveau recul des stocks de fioul de chauffage dans les chiffres hebdomadaires sur les stocks publiés mercredi, en raison du froid ces dernières semaines dans le nord-est des Etats-Unis.

Mais pour Phil Flynn, "il faudrait encore une autre nouvelle" pour pousser le marché à son record. "Il y a encore du travail à faire", a-t-il affirmé.

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