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Un article de Fanny Doumayrou paru dans L’Humanité le 16 septembre 2005

Nouvelle grève aux Chantiers

vendredi 16 septembre 2005 par Fanny Doumayrou

Les conflits se succèdent dans la nébuleuse des sous-traitants des Chantiers de l’Atlantique (Alstom) à Saint-Nazaire. Après la grève victorieuse de treize salariés polonais de Kliper, qui ont obtenu début août le paiement de salaires non versés pendant plusieurs semaines, treize autres Polonais se sont mis en grève mercredi. Embauchés par la société polonaise Kor-Pa basée à Sczeczin, ils travaillent pour le compte du donneur d’ordre Technica Marine, lui-même sous-traitant direct d’Alstom. Eux aussi réclament le paiement d’une partie de leurs salaires, et le respect du Code du travail. « Leur patron leur doit au total 31 000 euros d’- arriérés », explique André Fadda, de l’union syndicale multiprofessionnelle (USM) CGT, qui organise les intérimaires et salariés de sous-traitants sur le site Alstom.

Une longue liste d’irrégularités

Le syndicaliste détaille la longue liste d’irrégularités constatées dans le traitement de ces salariés, arrivés à Saint-Nazaire il y a un an ou en avril, selon les cas : « Ils ont toujours subi des retards de salaire, mais cette fois-ci ils n’ont pas reçu leur paie d’août. Ils n’ont pas de fiche de paie. Le salaire convenu était de 9 euros par heure, sans majoration pour les heures supplémentaires, alors qu’ils font environ 220 à 240 heures par mois. La paie leur est versée pour moitié sur leur compte, l’autre moitié est donnée en liquide à la main, c’est donc du travail au noir. » Les salariés dénoncent aussi l’obligation qui leur est faite de badger deux fois à midi pour simuler une pause casse-croûte de deux heures pendant laquelle, en réalité, ils travaillent. Ils disent être sous le coup d’une menace de renvoi s’ils revendiquent. Ils ont également raconté à la CGT qu’un des leurs a été évacué du site en cachette après un accident du travail en août, et rapatrié en urgence en Pologne.

Mercredi soir, le directeur financier de Technica Marine, Dietmar Horstmann, a voulu minimiser l’affaire en déclarant à l’AFP que « quinze salariés étaient allés rencontrer la CGT pour s’informer sur leurs droits » durant la pause de midi, mais que « seulement huit » travaillent pour Technica Marine. De plus, il a affirmé qu’ils n’étaient « pas en grève », qu’ils avaient ensuite repris le travail et comptaient travailler jeudi. « Si quelque chose ne va pas, nous le prendrons en considération », a lancé le directeur, qui affirme travailler avec Kor-Pa depuis un an sans jamais avoir eu de problème.

« atteinte au droit de grève »

« Faux », réplique André Fadda : la société Kor-Pa fait en effet travailler certains de ses salariés pour d’autres donneurs d’ordres, mais les treize Polonais en conflit sont liés à Technica Marine, et sont bel et bien en grève. Hier matin, la CGT a d’ailleurs rencontré M. Horstmann. « Il s’est dit prêt à discuter pour un règlement partiel des sommes dues », précise André Fadda. « En tant que donneur d’ordres, il se substitue à la direction de Kor-Pa, qui n’a même pas de bureau. » Le syndicaliste dénonce aussi « l’atteinte au droit de grève » par la direction des Chantiers, qui a fait désactiver les badges de six des grévistes, ce qui bloque leur accès au site alors qu’ils sont encore sous contrat.

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