Liste des auteurs

Frédéric De Monicault | Le Figaro le 04/06/2010

Nucléaire : EDF en ordre de marche pour l’été

lundi 7 juin 2010 par Frédéric de Monicault
En 2009, un tiers des réacteurs étaient à l’arrêt. Un taux élevé qui laissait craindre des difficultés d’alimentation. La situation est aujourd’hui meilleure même si le groupe doit améliorer la disponibilité de ses centrales.

En 2010, l’été électrique s’annonce plus clément qu’en 2009. L’année dernière, à pareille époque, les nuages s’amoncelaient au-dessus d’EDF, laissant craindre un scénario redouté : des coupures d’électricité. Non seulement Météo-France faisait part à l’opérateur historique d’un « signal chaud », autrement dit un risque de sécheresse, mais surtout le parc nucléaire pâtissait d’un long mouvement de grève. À cela s’ajoutaient des opérations de maintenance retardées massives, au point de provoquer à un moment précis l’arrêt d’un tiers des 58 réacteurs. À l’époque, le premier ministre, François Fillon, s’était même publiquement inquiété de la situation.

L’état du parc reste un chantier majeur

Cette fois, la préoccupation n’est plus la même. Une quinzaine de tranches sont actuellement interrompues, soit un seuil courant en cette période. EDF profitant de l’été pour restaurer le parc dans la perspective de l’hiver, beaucoup plus gourmand en électricité. À titre de comparaison, au mois de janvier, des pics de consommation sont régulièrement constatés autour de 90.000 mégawattheures (MWh), tandis qu’au mois d’août, on ne dépasse pas en moyenne 55.000 MWh.

« Il n’y a donc aucun risque de rupture d’alimentation pour le portefeuille clients de l’entreprise », assure Philippe Torrion, directeur optimisation amont-aval et trading, tout en rappelant qu’EDF bénéficie de « l’empilement de plusieurs moyens de production » : outre le nucléaire, l’hydraulique, le thermique à flamme (fioul et charbon) ou encore les obligations d’achat (cogénération, éolien…).

À noter qu’EDF juge la situation de l’hydraulique « globalement satisfaisante », les cours d’eaux et le remplissage des réservoirs pour les barrages se situant à des niveaux favorables. « Sur ce dernier point, nous sommes même légèrement excédentaires », note Patrick Tourasse, en charge de la coordination de l’eau chez EDF.

Quant aux effets de la grève de l’année dernière, ils sont aujourd’hui digérés, souligne Philippe Druelle, le délégué opérationnel production nucléaire. Ce qui n’exclut pas des conflits ponctuels : vendredi, l’intersyndicale de la centrale de Flamanville a annoncé la reprise du travail au terme de cinq jours de grève de l’un de ses services, après la signature d’un accord sur la création de dix postes.

Pour autant, même si EDF se veut rassurant pour l’été à venir, l’état du parc reste un chantier majeur pour l’entreprise. En cause, le taux de disponibilité de ses centrales, qui a chuté à 78 % l’année dernière, loin de celui d’autres grands électriciens comme GDF Suez, exploitant nucléaire en Belgique. À moyen terme, Henri Proglio, le président d’EDF, vise la barre des 85 %. Un objectif majeur sur le plan financier car en matière de disponibilité, chaque point en moins coûte environ 200 millions d’euros à l’entreprise.

Pour remédier à la situation, l’entreprise a commencé par investir massivement pour remplacer les gros composants de ses centrales. Elle prévoit aussi d’optimiser un certain nombre de procédures de fonctionnement. Avec la volonté d’obtenir des résultats tangibles dès cette année.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !