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Article de Paul Falzon paru dans L’Humanité du 3 novembre 2006

OMC et FMI, les syndicats cherchent la marche à suivre

vendredi 3 novembre 2006 par Paul Falzon
Vienne . La nouvelle Confédération internationale veut transformer les institutions financières internationales. Mais il lui faudra dépasser les méthodes de lobbying traditionnelles.

Pour changer le cours de la mondialisation néolibérale, changer les institutions économiques internationales. Cet enjeu occupe une bonne partie des objectifs de la Confédération syndicale internationale (CSI) dont le congrès fondateur s’achève aujourd’hui à Vienne. Mais il est difficile pour des organisations issues de cultures politiques et d’histoires souvent très diverses de définir des stratégies immédiatement efficaces face à la Banque mondiale (BM), au Fonds monétaire international (FMI) ou à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les interventions menées hier en session plénière sur le sujet ont révélé à la fois l’impatience des syndicats d’imposer des règles sociales minimales - ce que les statuts de la CSI appellent le « travail décent » - et la complexité politique de ce combat.

Invité d’honneur du congrès, le directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), Juan Somavia, a souligné que « la grande question aujourd’hui, c’est la dimension démocratique des décisions prises au sein des organisations internationales, et le contrôle de ces décisions ». Relevant le déficit de légitimité démocratique du FMI et de la BM, le directeur de l’OIT a appelé les délégués à « prendre contact » avec gouvernements et Parlements pour faire pression. Pas vraiment le ressort privilégié de certains syndicats. De nombreux délégués ont dit hier l’urgence de mettre un terme aux politiques uniformément destructrices du FMI ou de l’OMC. Et demandaient des solutions pour faire plier des institutions « idéologiquement et techniquement verrouillées par le libéralisme », comme les a qualifiées un syndicaliste africain.

À lire ses statuts, la stratégie de la CSI par rapport aux institutions financières et économiques internationales se veut plus combative que celle des structures qui l’ont précédée. L’ambition affichée est de « transformer » le FMI, l’OMC et la Banque mondiale, et de « renforcer le rôle de l’OIT » pour assurer « l’application des normes universelles du travail ». Mais comment sortir du lobbying impuissant qui a caractérisé la récente action syndicale mondiale, notamment auprès de l’OMC ? Guy Ryder, le secrétaire général de la défunte CISL (social-démocrate), qui prend aujourd’hui la tête de la CSI, reste assez flou sur ce point. Et on sent bien ici à Vienne que plusieurs stratégies existent.

Quand Jean-Claude Mailly (FO) dit sur un mode combatif qu’il est possible de faire des normes de l’OIT des « critères de conditionnalité pour ces institutions de la mondialisation », le leader de l’OGB autrichienne, Rudolf Hundstorfer, vante les vertus de la concertation entre syndicats, gouvernements et patronats. Des divergences d’approche qui dépassent largement la question des organisations financières internationales, et qui ne sont pas non plus fondamentalement incompatibles, mais que la nouvelle confédération devra savoir harmoniser.

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