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Article de Thomas Lemahieu paru dans L’Humanité du 16 novembre 2006

« On n’est pas des cobayes »

jeudi 16 novembre 2006 par Thomas Le mahieu
Thomé-Génot . Alors qu’une information judiciaire va être ouverte contre Catalina, les ouvriers renâclent devant le CTP que l’État veut leur imposer.

C’est lundi, dernier délai, que les 320 salariés de Thomé-Génot, licenciés au début du mois après la liquidation judiciaire le 24 octobre, doivent se manifester, ou non, pour adhérer au contrat de transition professionnelle (CTP). Or, pour l’heure, tout à sa frénésie de « réussir » son expérimentation dans le bassin de Charleville-Mézières et de retirer des statistiques du chômage les ouvriers mis à la porte à la suite du pillage de leur entreprise par le fonds d’investissement américain Catalina, le gouvernement les contraint de signer un CTP contre un « ticket d’entrée » dans le dispositif désormais fixé à 10 000 euros (lire l’Humanité d’hier). Ce chantage est ressenti comme une humiliation supplémentaire. Et hier, en début d’après-midi, à la sortie d’une nouvelle réunion à la préfecture, ça explose quand les délégués syndicaux évoquent « l’obligation de prendre le CTP » pour toucher la prime. « Ils nous achètent, s’insurge un petit groupe d’ouvriers. On n’est pas des cobayes pour expérimenter des trucs dont personne ne veut dans le département. »

Au-delà de cette escroquerie à caractère électoraliste et alors que le financement du CTP est d’ores et déjà dans le droit commun pris en charge par l’UNEDIC, le gouvernement essaie de soutirer l’argent nécessaire au versement des « tickets d’entrée » aux collectivités territoriales. À la différence de l’État qui ne sortirait de sa poche que 5 000 euros par salarié, le conseil général, présidé par le sénateur Benoît Huré (UMP), sortirait, par un montage financier abracadabrantesque, une enveloppe de 10 000 euros par tête. Et en direction du conseil régional dirigé par la gauche, les regards se font insistants : l’intersyndicale de Thomé-Génot lui réclame également une participation de 10 000 euros par salarié licencié. Alors que la droite paraît complètement indifférente aux poursuites contre Catalina, la région pourrait bien saisir l’ouverture d’une information judiciaire contre le fonds américain - « dans quelques jours », selon Francis Nachbar, procureur de la République à Charleville-Mézières - pour justifier symboliquement une somme qui deviendrait une « avance » avant la possible condamnation de Catalina pour abus de biens sociaux et malversations.

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