Liste des auteurs

Christophe Deroubaix pour l’Humanité du 7 juin 2007

Opération dialogue à Plan-de-Campagne

jeudi 7 juin 2007 par Christophe Deroubaix
COMMERCE . Les militants de la CGT ont rencontré, hier, les salariés sur le travail du dimanche.

La CGT a organisé hier une grande opération de rencontre avec les salariés de Plan-de-Campagne, vaste zone commerciale située entre Marseille et Aix, qui défraie la chronique, de nombreuses enseignes ne bravant pas la loi sur l’interdiction du travail dominical. Une centaine de militants se sont retrouvés à 10 heures du matin sur le parking du magasin Fabio Lucci dont les salariés étaient en grève pour la journée afin de protester contre le temps partiel imposé, les pressions de la direction et le travail du dimanche. Des équipes se sont constituées autour de délégués centraux d’enseigne et de responsables de la fédération CGT du commerce et des services venus spécialement pour l’initiative.

Pascal Barroco, délégué central pour la région Sud

de l’enseigne Boulanger, a hérité de la partie centrale de la zone. C’est la question du travail dominical qui est le plus souvent revenue sur le tapis. Premier magasin : décoration intérieure. La gérante accueille la délégation : « Nous, on a le choix de travailler le dimanche. Notre priorité, c’est d’être payés plus. Mais je suis au courant de vos positions puisque nous avons une déléguée syndicale dans l’entreprise. »

Deuxième magasin : animalerie. « Nous ne sommes que trois, alors on n’a pas à être volontaires ou pas. Même si moi, personnellement, ça ne m’intéresse pas trop », indique un salarié. Il poursuit : « Avant, on faisait le chiffre d’affaires de la semaine dans la seule journée du dimanche. Maintenant, on en fait de moins en moins. » Pascal Barroco lui parle alors du magasin Saint-Maclou qui a décidé de respecter la loi et qui a vu son chiffre d’affaires augmenter de 18 % grâce à l’ouverture les lundis et mardis matin : « L’argument de la direction tombe et on revient à la question des salaires trop bas. »

Troisième magasin : chaussures. « Ici, on est pour le travail du dimanche, dit une vendeuse. Cela nous permet d’avoir des primes. » « C’est donc pour un meilleur salaire ? » titille un syndicaliste. « Ah, c’est sûr que s’ils nous donnaient le même salaire sans travailler le dimanche... »,

répond-elle. « Si on autorise le travail le dimanche, ça ne sera plus payé en heures majorées et on revient au point de départ », enchaîne un autre responsable syndical. « Bah, allez leur demander de m’augmenter », lâche la salariée, un rien fataliste.

Si l’équipe de Pascal a reçu un bon accueil, certains salariés rencontrés continuent de percevoir les syndicats comme des empêcheurs de gagner plus. « D’où l’importance de cette journée dont l’objectif est de permettre le dialogue direct entre organisations syndicales et salariés, ce dont ne veulent pas les patrons », souligne Avelinho Carvalho, responsable de l’union départementale CGT des Bouches-du-Rhône.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !