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CHRISTIAN CARRERE | La Marseillaise du 2 mai 2007

PREMIER MAI : LES REVENDICATIONS ET LES DROITS D’ABORD

jeudi 3 mai 2007 par Christian Carrère
L’emploi, les salaires, et les libertés en cortège de la Porte d’Aix à la Place Castellane, à 5 jours du second tour de l’élection présidentielle.

Parti de la Porte d’Aix via le Boulevard Charles Nédélec et le bas des escaliers de la gare Saint-Charles, le cortège entame la descente du boulevard d’Athènes vers la Canebière derrière un véhicule sono qui scande : « Pas touche, pas touche, à la démocratie ».

C’est vrai que pour qui ne l’aurait pas entendu le jeudi précédent annoncer que l’une des premières tâches de son quinquennat serait le remise en cause du droit de grève, dans les transports d’abord avant de se déplacer vers les autres secteurs d’activité, a été fixé matin en écoutant Sarkozy sur France inter. Le candidat du couple UMP-Medef en a remis une louche contre les syndicats, avec une mention particulière pour le premier d’entre eux, citant nommément à nouveau son secrétaire général Bernard Thibault.

Dans ces conditions, les organisations départementales de la CGT, de la CFDT, de la FSU, de l’Unsa, de l’Unef et de l’UNL avaient choisi le triptyque « liberté égalité fraternité » comme première ligne de la banderole de tête du cortège. Un choix d’autant plus d’actualité que la devise républicaine était suivie de la mention « pour la Paix et la justice sociale ». Un clou enfoncé par la premier calicot qui suivait, celui de l’UD-CGT 13. Il affichait : « unis et déterminés pour le progrès social ». Comme s’il s’agissait, à la veille du débat télévisé entre les deux candidats au second tour de la présidentielle, d’inviter les attentes du monde du travail dans le débat électoral. Renseignements pris, c’est d’ailleurs de cela qu’il s’agissait.

Par exemple, quand ceux de Saint-Louis sucre défilent derrière le mot d’ordre, « l’avenir de nos emplois, c’est la raffinerie ». Histoire de rappeler que les choix dictés par la mondialisation libérale et son nouveau règlement sucrier aboutiraient à la mort lente de l’un des derniers sites industriels marseillais. Responsable du syndicat CGT de l’usine des quartiers Nord, Alain Aguila rappelle l’heure de grève observée le 18 avril dernier dans tous les sites de la société, à l’appel de l’ensemble des organisations syndicales. Et de signaler que « ça a très bien marché ».

« Cinq minutes de rancœur, cinq ans de malheur ».

Quoi qu’il arrive dimanche, poursuit sur la lancée Olivier Leberquier, il faudra compter sur la volonté des salariés de conserver leurs emplois et leurs droits sociaux. Et le syndicaliste CGT de Fralib, l’usine de Gémenos du groupe Unilever de signaler que « la direction a dû revoir sa copie » face à la multiplication des luttes conduites par le personnel. « Elle parlait de 57 licenciements. On est aujourd’hui à 40 suppressions de postes sans licenciement sec, avec notamment des mesures d’âge pour une vingtaine de salariés ».

De quoi donner du baume au cœur des -presque- voisins de l’Union locale CGT de la vallée de l’Huveaune sinistrée par les fermetures d’usines successives, mais où les ex Nestlé ont mis en échec la volonté du géant mondial de l’agroalimentaire de ne laisser à Sain-Menet qu’une friche industrielle. Ceux qui continuent à y produire du chocolat dans l’entreprise Net-Cacao étaient là pour le rappeler.

Quant aux postiers, cheminots, et autres éboueurs de Véolia et Silim en lutte, ils n’étaient pas là pour un baroud d’honneur. En tenue de travail, ces derniers entendent bien la conserver, et avec elle, l’emploi qui la justifie. « Loin du débat présidentiel tout ça », diront quelques esprits chagrins. Comme si les exigences sociales et en matière de droits n’étaient que des épiphénomènes quand il s’agit du devenir de la société !

« Aujourd’hui, on manifeste, dimanche on vote », déclarait une manifestante brandissant un écriteau sur lequel elle avait calligraphié : « 5 minutes de rancœur / 5 ans de malheur ». Une adresse à ceux pour qui le vote Ségolène Royal n’est pas forcément la tasse de thé. « Face au danger Sarkozy, l’heure n’est pas aux états d’âme. En 2002, n’avons nous pas voté Chirac pour barrer la route à Le Pen ». Une argumentation qu’elle n’a guère de mal à faire partager à une groupe de manifestants qui scande : « C’est pas les immigrés / C’est pas les sans papiers /C’est Sarkozy / Qu’il faut virer ! » Triste coïncidence, la rumeur se répand dans la manif. « Un parent d’élèves est menacé d’expulsion. Les militants de RESF se sont rendus sur le port ». Fallait bien une raison comme celle-là pour qu’on ne les voit pas dans la manif. Mais ils étaient si proches des objectifs de celle-ci. Et du slogan invitant à battre le chef de l’UMP, sur le port comme dans les urnes.

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